L’art qui ouvre au beau devrait être remboursé par la sécurité sociale

On dit souvent que le beau est subjectif et dans le relativisme actuel on pense plus que jamais que les goûts et les couleurs sont personnels. Et de fait, la relation au beau est faite de ressentis personnels, mais aussi communautaires, d’habitudes, d’éducation ou encore d’éléments de comparaison. Mais de toutes ces complexités émerge un substrat commun, le beau rend l’âme heureuse et lui confère un sentiment d’apaisement. Autrement dit, il y a dans le beau, comme dans le laid quelque chose qui touche l’âme pour l’élever ou la blesser. A la racine du beau, à la source de cette subjectivité, il y a fondamentalement une réponse à la vérité la plus profonde de l’âme elle-même, c’est-à-dire ce plus intime de nous-même qui fait de nous l’unique parmi nos semblables. Nous, pris comme individu, est un composé de ce que nous avons de semblable et d’universel avec le reste de l’humanité et de ce qui nous différencie de cette humanité, sans pour autant nous arracher à elle.

Le beau porte donc en lui-même ce qui élève l’âme de toute l’humanité et ce qui particulièrement élève mon âme. Il y a donc bien dans la beauté de l’universel irréductible à notre seule subjectivité. La beauté avant d’être particulière et relative est donc éminemment objective et cette objectivité tient en ce point précis : la beauté vraie élève toutes les âmes parce qu’elle les rejoint toutes en ce qu’elles de commun dans leur nature humaine. La beauté ainsi réjouit le cœur de chaque homme et rayonne de proche en proche par ce substrat universel commun quelque soit le support particulier qui rejoint davantage telle ou telle âme. C’est pourquoi, le beau est diffusif de soi.

Touchant l’âme pour l’élever et lui conférer une certaine paix, le beau est un des fondamentaux de l’épanouissement de l’être. Pourtant, la beauté est souvent négligée comme secondaire, passant après la fonctionnalité, la rentabilité, alors que la beauté est un des plus puissants vecteurs de bien-être et donc de rentabilité. Malgré cela, au lieu d’être remboursé par la sécurité sociale, pour reprendre Romain de La Tour, l’art dont le beau se doit d’être l’objet premier est pris comme variable d’ajustement très secondaire de l’économie à la dérive et la culture, le parent pauvre de notre monde en mal de vivre quand elle ne sert pas des idéologies passagères.

Le beau, est un bonheur métaphysique.

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Cyril Brun

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