Cannes, festival des faux-semblants

Cannes, festival des faux-semblants

Mercredi 14 mai a débuté le festival de Cannes. Dans la presse apparaissent alors de jolies robes, des couples, des coiffures plus originales les unes que les autres. Tout mène à penser que le festival de Cannes tient plus d’une longue fashion week que d’un événement artistique lié au septième art. Le festival de Cannes, fondé juste après la Seconde Guerre Mondiale, dépend d’abord de l’État français et ne devient autonome que dans les années 1960. Petit à petit, aux yeux du grand public, Cannes existe par son festival international du cinéma et les prix sont des gages de valeurs.

L’art doit primer sur l’apparence et les paillettes individuelles.

Néanmoins, malgré l’importance culturel la presse évoque davantage les acteurs présents au festival et leurs tenues que les films qu’ils viennent présenter. Si chacun garde en mémoire la Palme d’Or, ultime récompense, qui peut évoquer la compétition artistique ou encore les films hors compétition. Cette année, pourtant, un film a, dès le début du festival, défrayé les chroniques. Il s’agit du film Grace de Monaco, réalisé par Olivier Dahan. Au cœur des débats, il est accusé de ne pas suffisamment respecter la vie de Grace Kelly, Princesse de Monaco. Pour certains, le côté fictif de l’œuvre cinématographique est inacceptable, pour d’autres, le propre de l’œuvre artistique est justement de chercher le Beau et non le Vrai, ce qui serait le travail de l’historien.

Cette querelle d’initié nous rappelle que l’art doit primer sur l’apparence et les paillettes individuelles. Ce n’est pas l’auteur qui trouble, c’est le roman. Ce n’est pas le peintre qui attire le regard, c’est la peinture. Enfin, ce n’est pas le réalisateur ou les acteurs que l’on cherche à valoriser, mais l’œuvre cinématographique. Que chacun, donc, dépasse le tapis rouge. Le plus important et le plus beau ne doit pas être ce qui brille à l’extérieur, mais ce qui intrigue, saisit ou surprend au cœur de la salle obscure.

Commentaires

commentaire

Marie-Claire Berthier

Etudiante en français, grec et latin à l'université Paris Ouest Nanterre