Zoom sur les Z.E.P

En 1981, pour lutter contre l’échec scolaire une expérience est tentée par le ministre de l’éducation nationale de l’époque Alain Savary. L’objectif : attribuer des moyens financiers supplémentaires pour les établissements évalués « sensibles », qui sont alors classés Z.E.P , ( zone d’éducation prioritaire) et inciter à développer des projets éducatifs. Par exemple, des heures de cours supplémentaires sont dispensées, les effectifs des classes doivent diminuer pour favoriser un enseignement accès sur la lutte contre l’échec scolaire.

33 ans après le bilan est mitigé et beaucoup critiquent les Z.E.P. Pourtant, l’idée de donner plus à ceux qui ont moins est plus pertinente que jamais.

Là où cela marche, on fait participer davantage les élèves en classe, on leur demande de travailler en groupe, souvent dans une logique pluridisciplinaire. On leur organise des sorties et surtout, on les amène à réinvestir dans la vie quotidienne ce qui a été appris en cours.

Pour illustrer cette idée, je voudrais vous parler d’un projet que j’ai porté cette année. J’ai eu l’idée de faire participer deux classes d’élèves de 3ème à des ateliers de théâtre sur le thème de « la poésie engagée ».Je souhaitais ainsi lier leur programme d’histoire, ( la seconde guerre mondiale) avec celui de français.

Les élèves ont réalisé un spectacle avec des comédiens professionnels. A la fin du spectacle, j’ai fait venir un ancien résistant pour témoigner de cette période de l’histoire. Quelle ne fut pas ma surprise de voir mes jeunes, pourtant difficiles, s’émerveiller devant cette personne âgée. Ils ont posé des questions très pertinentes, ( Qu’est ce que la Patrie?) . Certaines jeunes filles, de confession musulmane, ont demandé à porter le drapeau français lors des commémorations du 11 novembre et du 08 mai! Pour finir, l’ancien résistant a demandé de faire une minute de silence à la mémoire des morts pour la France et là ce fut une révélation, ces jeunes d’ordinaire si agités, ont baissé les yeux et n’ont plus fait un bruit.

En conclusion, l’ancien combattant et le président du souvenir français ont fait remarquer qu’il est souvent de bon ton de désespérer de la jeunesse, or cette rencontre a montré qu’il n’en était rien.

Les jeunes des Z.E.P sont en quête de sens et de valeurs et que lorsqu’on leur en propose, ils y adhèrent pleinement.

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Roseline Chakroun

Roseline Chakroun, 35 ans, est diplômée d’un master en Lettres Modernes et en Sciences de l’Education, après des études à l’Université Paris-V-Sorbonne. Orientant dans un premier temps sa carrière professionnelle vers le domaine commercial, elle est pendant un temps chef de publicité dans la presse et dans l’audiovisuel en région parisienne. En 2011, revenant à Dreux, elle décide d’entrer au sein de l’éducation nationale et devient professeur de français en ZEP. Ce travail lui permet quotidiennement de mettre en pratique ses convictions humaines et politiques, de respect de l’autre et de service du Bien Commun, auprès de jeunes issus de milieux très défavorisés.