Quick, ce réac.

Je m’arrêtai pour déjeuner, ce jeudi, dans un des fleurons de la gastronomie, plus pour le temps dont je disposais que pour la qualité de ses mets, je fis une pause, donc, chez/au, vous choisirez, Quick.    Et alors même que je me délectais d’une de ces pépites fastfoodiennes, je remarquai une affiche, plutôt grande ; placardée sur le mur, faisant la propagande de deux sandwichs. Dans un style vintage, le côté gauche montrait d’abord le sandwich « very sweet cheese », puis une femme suggérée blonde (image en noir et blanc) les mains passées délicatement dans son cou, paupières closes et moue mi tendre mi niaise, accompagnée d’une bulle « savourez sa douceur » .

Sur la partie droite de l’affiche, mettant en avant le « very hot chicken », un homme brun, au visage déterminé, les deux poings serrés, flanqué du slogan « dégustez sa force ». (nb : habileté du choix « déguster » si on se réfère à l’expression synonyme de souffrir.)

Mon sang ne fit qu’un tour « QUOI !! Mais comment osent-ils nous mettre ces stéréotypes sous nos yeux ! Ah ! si madame Vallaut Belkacem voyait ceci, ça serait direction le panier à salade sur le champ »(notez, un peu de verdure ferait sans doute du bien à Quick) ! Ainsi, on nous suggère qu’une femme blonde, douce et soyeuse serait plus en harmonie avec un « very sweet cheese » et un homme mangeant un « very hot chicken » serait plus viril. On ose prétendre noir sur blanc qu’une femme est douceur et qu’un homme est force ! Il y a vraiment de quoi vous couper l’appétit. (dans le cas contraire, le contenu de votre plateau s’en charge)

Cette charmante affiche, véritable pied de nez à Najat et Vincent, fait de la contre éducation. Car les enfants qui ont répété sagement à l’école avec notre ministre des Femmes (douces niaises soyeuses) et notre ex ministre de l’éducation, que les filles pouvaient être maçons et les hommes sages-femmes (maïeuticiens, en fait), sortent de l’école avec leur parents (1 ou 2, mais c’est une autre histoire) et vont chercher le menu enfant au Quick ! Et là, que voient-ils ? Une affiche qui dit aux hommes qu’ils sont forts et aux femmes qu’elles sont douces ! Non mais !

Quick devrait s’inquiéter, car son contemporain Mac Donald, lui, a bien suivi les conseils de notre gouvernement de tolérance et de liberté individuelle, la preuve : « venez comme vous êtes ! » (François Hollande aurait pu choisir ce slogan de campagne d’ailleurs)   Bon, je l’admets, ce slogan est plus vieux que les débats sociétaux actuels. Avant, on venait au Mac Do petit ou grand, percé, tatoué, déguisé en pingouin si on est Rémi Gaillard… Bref, on venait quel que fut notre aspect physique, car c’est bien de cela qu’il s’agit. « Venez comme vous êtes » répond à la question « comment venons nous, comment sommes-nous ? » Mais ça, c’était avant.

Comment et non pas que. Car si on se fie aux récentes publicités Mac Donald, on peut venir (même) si on est gay (cf la fameuse vidéo du père et son fils qui n’ose révéler son homosexualité*) Or, ça n’a rien d’un attrait physique.  C’est ainsi qu’on voit que ce sujet s’est étendu jusque dans notre portion de frites ! Ne peut-on plus malbouffer sereinement, sans se demander si on est politiquement correct ?

Quick, ce réac conservateur, est donc bien en retard par rapport à son ami Ronald, clown de la tolérance. En ce qui concerne la qualité, ils sont sans doute à peu de choses près au même niveau. En tant que professionnel de santé, je me fais une obligation de vous rappeler que l’obésité progresse en France** et qu’il faut bien manger 5 fruits et légumes par jour. Quant aux fastfoods, désormais vous avez le choix : un sandwich et des frites réacs ou un sandwich et des frites gayfriendly. Pour le taux de calories, c’est du même ordre, la seule différence, c’est le confort de malbouffer avec la conscience politique tranquille.

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**(en 1997 : 8,5% de la population de + de 18 ans et 15% en 2012)

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Inès de Castelbajac

Infirmière