L’élitisme n’est pas une maladie

Cet article paru en juin 2015, toujours d’actualité dans un temps où la culture se trouve encore mise à mal.

Mort annoncée du latin, laxisme sur l’orthographe, recrutement des professeurs avec une moyenne de 4/20, refus des redoublements, disparition des références classiques et chrétiennes, vagin de la reine, les attaques contre la culture et l’intelligence fondent comme le cyclone sur la pauvre Jamaïque…

Jules Ferry que le président Hollande avait symboliquement honoré le jour de son arrivée à l’Elysée doit bien se retourner dans sa tombe. Comment se peut-il qu’un parti de gauche trahisse autant le peuple qu’il assure pourtant défendre ? Une seule réponse nous semble possible. La culture est l’ennemi numéro un de l’idéologie de gauche. La droite a cru laisser un os à ronger à ses adversaires en lui abandonnant la culture au profit de l’économie. Elle oubliait que cet os n’était autre que son propre squelette, aujourd’hui attaqué jusqu’à la moelle.
Depuis des décennies, les tenants du progrès ont creusé la tombe de l’excellence en menant une chasse systématique et violente à l’élitisme. Faisant, par un discours officiel lacérant, de ce nom un gros mot dangereusement capitaliste, ils ont peu à peu instauré le règne des médiocres. Car les bons d’aujourd’hui ne sont plus que les moyens d’hier. Refusant l’aristocratie, ce gouvernement des meilleurs qu’ils ne parvenaient pas à rejoindre, ils ont imposé par la terreur la médiocratie comme forme unique de pensée.

Au lieu de tirer ce peuple qu’il méprise vers le haut, ils l’ont maintenu des années durant dans la fange de laquelle ils ne parvenaient pas eux-mêmes à sortir. Trop conscients qu’au royaume des aveugles les borgnes sont rois, ils ont savamment réduit à la cécité la population en l’abêtissant. Car la culture rend libre et une élite cultivée n’a pas peur d’un peuple cultivé. A l’inverse un médiocrate, bien conscient de son insuffisance a peur de l’intelligence et de la lumière.

Il est urgent de faire front à la médiocratie qui ne se maintient que par le totalitarisme de l’abêtissement des foules. Il est urgent que l’élite n’ait plus peur de l’excellence. Il est urgent qu’elle cesse de culpabiliser et de se cacher. C’est son devoir moral le plus grave et auquel elle doit concentrer toutes ses forces, toute son énergie et toute sa fortune.

Contre le totalitarisme des médiocres, élites autoproclamées, il faut une révolution de la véritable intelligence, un sursaut de l’excellence, un réveil de l’élite de ce pays au service de tout le peuple.
Ne pas le faire n’est rien moins que de la non-assistance à personne en danger.

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Cyril Brun

Cyril Brun

Cyril Brun est chef d'orchestre et historien. Titulaire d'une maîtrise en histoire médiévale et d'un doctorat en histoire de l'antiquité, il a été chargé de TD sur Rome et la Grèce archaïque à l'université de Rouen, puis chargé de cours sur la Grèce archaïque et classique, la Mésopotamie et l'Egypte à l’université de Quimper. Les travaux de sa thèse portent sur l'Afrique romaine au IIIème siècle après Jésus Christ, mais il s'est ensuite spécialisé sur la Grèce classique tant pour sa religion que pour ses philosophes. Il parcourt la France pour donner des conférences sur l'anthropologie classique, les peuples mésopotamiens mais aussi la musique. Chef d'orchestre depuis l'âge de 16 ans, il a dirigé divers ensemble en se spécialisant dans la musique symphonique (avec une prédilection pour Beethoven) et la musique Sacrée. Il est actuellement directeur artistique et musical de diverses structures normandes : Les jeunes chambristes, la Grande chambre, Classique pour tous en Normandie, les 24 heures de piano de Rouen, le festival Beethoven de Rouen, Le Panorama Lyrique Ces compétences en philosophie, en histoire, en musique, mais aussi en littérature l'ont amené a écrire dans diverses revues musicales ou historiques, comme critique ou comme expert. Poussé par des amis à partager ses nombreuses passions, ils ont ensemble fondé Cyrano.net, site culturel dans lequel il est auteur des rubriques musicales et historiques. Il dirige le site musical CyranoMusique dont il est le propriétaire ainsi que du média culturel Rouen sur Scène. Il est directeur d'émissions culturelles (le salon des Muses) et musicales (En Coulisses), sur la chaîne normande TNVC Il est l'auteur de Le Requiem de Mozart, serein ou Damné ? Les fondements de l'anthropologie chrétienne Une nuit square Verdrel La Vérité vous rendra libre