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Pour remettre la France à flot, il faut la mettre à la mer.

Pour remettre la France à flot, il faut la mettre à la mer.

Pour remettre la France à flot, il faut la mettre à la mer. C’est en résumé le combat dont la France aujourd’hui à besoin. Forte d’un immense empire maritime, l’Île France possède le plus formidable potentiel de développement et de rayonnement, comme je le rappelais ici.

Malheureusement, nos politiques, rivés au continent, n’en ont pas même les prémices d’une conscience.
En se plongeant des les programmes des trois candidats qui ont dominé la campagne présidentielle 2017, plusieurs constats sont très révélateurs.

Un premier constat que vous aurez tous fait : Marine Le Pen parle « Français » vus de sa montagne jacobine ; Hamon ne connait pas la France, mais parle seulement d’universalité, de monde etc ; seul Fillon allait dans le concret de la France, il faut le reconnaître, même si certaines positions (notamment sur la PAC) me laissaient pantois.

Second point : Marine, comme Hamon, ont eu beaucoup de positions de principes et une succession de mesures totalement isolées les unes des autres et sans aucun lien (pour Hamon) avec les urgences du pays. C’est un vaste monde virtuel sur pilotis gonflés à coup de mesures communautaristes fondées sur le penchant court-termiste, hédoniste et égoïste qui sommeille en nous tous.
Fillon fut, il faut le reconnaître encore, le seul qui avait déjà concrètement des mesures aux impacts locaux identifiés.
Si je résume, Hamon veut une France nivelée par l’érosion universaliste mondialiste, Marine, un Monde barricadé derrière une France uniformisée et franchement mélanchoniste.
L’ancien Premier ministre, pour sa part, alterne entre subsidiarité et Europe. Mais il a une politique outre-mer qui pourrait, avec plus d’ambition, être une politique de la mer. Toutefois cela reste limité et il faut aller chercher ici ou là pour voir une lame de fond se dessiner. Mais une conjonction de mesures ne fait pas une vision. Une lame n’est pas une âme. Notons pour faire bonne mesure que Jean-Luc Mélanchon a révélé un véritable intérêt pour la puissance maritime d’une France qui s’ignore.

Par exemple, les ports ne sont là que de façon connexe, mais ne bénéficient pas d’un traitement ni même d’un point d’ancrage dans la politique maritime. Cependant, sa géopolitique maritime peut favoriser une autre vision de la mer. De même sa politique outre-mer pose des bases d’une politique de la mer. Idem sur sa vision de la pêche et de l’indépendance énergétique qui ne prennent pas vraiment en compte notre potentiel de ZEE, mais sur lequel pourtant il pourrait s’appuyer (si on lui soufflait l’idée). Tout cela étant éparse ne constitue pas une vision. Ce qui est un handicap et un manque d’avenir pour nos ports, notre marine et notre souveraineté.

Pour Hamon et les socialistes, rien n’apparaissait sur la mer. La France n’est qu’une nacelle d’un vaisseau flottant, plus proche du vaisseau fantôme que des rives de l’espérance. Pour Marine, la souveraineté ne prend pas en compte notre empire ni le commerce extérieur non plus. Si la France est une île mondiale, aux ports disséminés sur les cinq continents, pour la présidente du Front National, la France est un îlot surprotégé qui laisse dépérir « les périphéries » et les campagnes loin des tourelles du château fort.

Pourtant, l’avenir de la France est en mer, comme son âme est enracinée dans sa terre. Nos politiques en prendront-ils conscience ? Rien en tout cas dans l’opposition Républicain/Macron ne le liasse malheureusement supposer.

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A propos de Cyril Brun

Cyril Brun
Docteur en histoire et enseignant aux Universités de Bretagne Occidentale et de Rouen, Cyril Brun est directeur de la rédaction de Cyrano.net. Chef d'orchestre de formation, critique musical, historien et essayiste chrétien, il a publié plusieurs ouvrages dont "Pour une spiritualité sociale chrétienne" (Tempora, 2007) et "Le Printemps français : le grand réveil de notre civilisation" (Ed. A. de Saint-Prix, 2013).