La réforme du Sénat fait son éternel retour.

Le Sénat est, à nouveau, aujourd’hui dans le collimateur des réformateurs de la République.
Si la reforme de cette chambre haute, héritière du Sénat impérial et de la chambre des pairs de la Restauration et de la monarchie de Juillet, est si souvent remise sur le tapis, c’est peut-être qu’elle ne correspond pas à un réel besoin ou que son rôle est mal défini.

En quoi une autre chambre est-elle utile, si d’une part son avis est balayé par une seconde lecture à l’Assemblée Nationale et si, d’autre part, cet avis repose sur les mêmes critères et reproduit les mêmes débats qu’au Palais Bourbon ? La sagesse des sénateurs pour certains serait le critère. Soit, mais l’âge des anciens s’est bien rapproché de celui de leurs jeunes collègues.
Une seconde chambre doit avoir une toute autre vocation que la première. Si l’une est chargée des lois, l’autre doit veiller à ce que celles-ci soient conformes aux lois fondamentales (la constitution, mais aussi les lois naturelles) et à l’intérêt de toute la nation et ce loin des bricolages partisans. Une chambre haute doit donc être garante des lois fondamentales, de l’intérêt de la nation et par là du Bien Commun et de la morale de l’État comme de la nation.
Devant elle, les élus et les agents de l’État doivent rendre des comptes de moralité et de responsabilité dans l’exercice de leur fonction. Ainsi en était-il à Rome devant les censeurs pour la morale, à Athènes devant le peuple assemblé en tribunaux pour les magistrats.
Depuis la dissolution de la chambre des pairs, il n’existe plus en France d’instance garante de la moralité et des intérêts de la nation. Le conseil constitutionnel n’est une vague structure étroite où quelques personnes regardent de plus près quelque lois.
Une véritable chambre haute serait composée de personnes moralement reconnues pour leur intégrité et au-dessus des intrigues partisanes. Elle devrait être suffisamment représentative des intérêts de chaque corps de la nation afin de prendre des décisions collégiales représentant le Bien Commun de tous, compte tenu des réalités propres à chaque corps et en fonction des lois fondamentales. En ce sens elle est aussi une haute cour de justice pour les serviteurs de la nation, qu’ils soient fonctionnaires ou élus.
Là nous aurions une véritable réforme du Sénat et une amélioration majeure au désastreux système démocratique dont a accouché la Vème république, dès lors qu’ont accédé au pouvoir des hommes à l’intégrité parfois douteuse.

Si l’actuel Sénat peut sembler inutile, un autre Sénat ou une nouvelle chambre des pairs peut s’avérer un puissant levier d’unité nationale par la prise en compte « paritaire » des intérêts du pays. Il s’agirait non pas d’une somme des intérêts particuliers mais de transcender ces intérêts de prés carrés en un Bien Commun à toute la nation. En ce sens, le titre de chambre des pairs prendrait tout son sens puisque le bien des autres corps deviendrait le bien de chaque corps de la nation.

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Cyril Brun

Cyril Brun

Cyril Brun est journaliste du vin, critique gastronomique, historien, philosophe et ancien chef d'orchestre Diplômé de maitrise du vin, il est dégustateur et formateur, journaliste et critique gastronomique pour plusieurs magasines ou sites. Titulaire d'une maîtrise en histoire médiévale et d'un doctorat en histoire de l'antiquité, il a été chargé de TD sur Rome et la Grèce archaïque à l'université de Rouen, puis chargé de cours sur la Grèce archaïque et classique, la Mésopotamie et l'Egypte à l’université de Quimper. Les travaux de sa thèse portent sur l'Afrique romaine au IIIème siècle après Jésus Christ, mais il s'est ensuite spécialisé sur la Grèce classique tant pour sa religion que pour ses philosophes. Il parcourt la France pour donner des conférences sur l'anthropologie classique, les peuples mésopotamiens mais aussi la musique, rédiger un guide oenotouristique. Chef d'orchestre depuis l'âge de 16 ans, il a dirigé divers ensemble en se spécialisant dans la musique symphonique (avec une prédilection pour Beethoven) et la musique Sacrée. Il a été directeur artistique et musical de diverses structures normandes : Les jeunes chambristes, la Grande chambre, Classique pour tous en Normandie, les 24 heures de piano de Rouen, le festival Beethoven de Rouen, Le Panorama Lyrique Ces compétences en philosophie, en histoire, en musique, mais aussi en littérature l'ont amené a écrire dans diverses revues musicales ou historiques, comme critique ou comme expert. Poussé par des amis à partager ses nombreuses passions, ils ont ensemble fondé Cyrano.net, site culturel dans lequel il est auteur des rubriques musicales et historiques. Il en est le directeur de la rédaction. Il dirige le site musical CyranoMusique dont il est le propriétaire ainsi que du média culturel Rouen sur Scène. Il est directeur d'émissions culturelles (le salon des Muses) et musicales (En Coulisses), sur la chaîne normande TNVC Il est l'auteur de Le Requiem de Mozart, serein ou Damné ? Les fondements de l'anthropologie chrétienne Une nuit square Verdrel La Vérité vous rendra libre