Le service public, une double peine pour le contribuable.

    Pressés par la lourdeur fiscale, les contribuables consommateurs des services publics semblent devenus « réalistes ». Raymond Barre ne disait-il pas que pour rebondir, les Français doivent d’abord toucher le fond ? Il est à craindre que nous y soyons bientôt. Dès le premier trimestre 2014 les réalités fiscales du gouvernement Ayrault se feront sentir sur tous les ménages et peu après sur toutes les entreprises et en cercle vicieux sur la consommation, les salaires, les impôts, bref un mouvement sans fin et donc sans fond si nous étions dans un monde virtuel, comme nous nous sommes tous laissés endormir en le croyant. L’Etat dépense trop ! Après avoir épinglé les dépenses somptuaires (encore 6 millions pourtant pour recevoir à l’Elysée les 6 et 7 décembre 2013 les chefs d’Etats africains), après avoir tenté de faire porter la faute sur la Défense, les patrons ou la sécurité sociale, et enfin après avoir depuis peu découvert le problème de la dette, voilà que c’est au tour des fonctionnaires de prendre sur leur dos les péchés du monde et d’être envoyé au désert avec Azazel sur son bouc émissaire.

    La dette c’est un problème. La sécurité sociale c’est un problème. Les dépenses somptuaires c’est un problème. Mais les fonctionnaires c’est une question. Pour 60%, les Français jugent possible d’avoir des services publics de qualité tout en réduisant le nombre de fonctionnaires, indique le Figaro du 3 décembre. Assurément ! Tous les indicateurs, tous les audits le démontrent, il y a dans la fonction publique un énorme gaspillage tant matériel qu’humain. De réels gains de productivités pourraient être mis en place sans nuire ni aux employés, ni au service public. Mais la vraie question n’est pas là. Et tant que les Français, et en premier lieu les responsables politiques ne se poseront pas la bonne question, nous aurons beau serrer la ceinture ou saigner le bon peuple, rien n’y fera. Le problème est celui des contours du service public et de la définition même de ce puits sans fond qui engouffre nos impôts.

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    Qu’est-ce qu’un service public ? Dans notre France éternellement jacobine, c’est tout ce qui est conçu comme un droit et qu’assume financièrement l’Etat que ce soit intégralement ou dans une large part. Autrement dit, ce sont des services vendus à moindre coût, mais dont le contribuable acquitte la différence. Dans ces services dit publics, certains sont régaliens et peuvent difficilement être remplis par une autre institution mais d’autres sont pris en charge par l’Etat alors qu’ils pourraient être assumés différemment. Ce sont le plus souvent des services d’aide, voire d’assistanat, des services sociaux relevant normalement d’une péréquation entre ceux qui peuvent financer et ceux qui sont dans le besoin. Et cette justice sociale doit rester un point d’attention de tout responsable politique.

    Le problème est que ces services couteux, et de plus en plus coûteux, parce que la population vieillie, parce que les chômeurs sont de plus en plus nombreux, parce que les loyers sont en hausse constante, etc., ne sont pas ceux sur qui pèsent les plus grands efforts. A qui demande-t-on les plus gros sacrifices, sinon, précisément aux ministères régaliens, c’est-à-dire justement ceux que personne d’autre que l’Etat peut ne peut remplir.

    Une multitude de services sociaux pourraient être privatisés. Mais toute une idéologie d’assistanat est épouvantée par une telle idée tant pour elle le privé suppose rentabilité sans cœur, parce qu’on n’imagine pas « gagner sa vie sur la misère des autres » ! Si l’Etat, que l’on sait très mauvais gestionnaire et mauvais payeur, s’en tenait à ses fonctions régaliennes et s’investissait dans une politique d’incitation à l’aide sociale, ses dépenses fonderaient comme neige au soleil et sa dette avec. Si l’Etat laissait à des professionnels soumis à la concurrence la responsabilité de s’investir dans ce domaine, nous sortirions de la tyrannie idéologique de l’assistance publique qui nous impose ce régime de sécurité sociale, ce mammouth de l’éducation nationale et tant d’autres aberrations qui lui coûtent cher et qui se muent en double peine pour le contribuable qui toujours et encore comble les déficits, alors même qu’il finance contraint un système qui ne lui donne pas satisfaction.

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