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Comprendre la finance islamique (1/2)

Comprendre la finance islamique (1/2)

Le développement d’un système financier islamique spécifique est très récent. Les besoins sont nés du fait que tout musulman doit s’acquitter de l’aumône, une sorte d’impôt, qu’il faut bien gérer. Par ailleurs, le Coran impose l’enregistrement des dettes entre croyants.

C’est en Égypte, en 1963, qu’est créée une Caisse d’Épargne dans le delta du Nil, par méfiance vis-à-vis du modèle occidental. Les économies du village sont gérées de manière prudente et solidaire, sans distribution d’intérêts, conformément à la Charia. C’est en quelque sorte de la micro finance islamique.

L’État égyptien crée en 1972 la Nasser Social Bank, afin de lutter contre la pauvreté. Il s’agit de collecter et de redistribuer la zakat et d’assurer le financement du pèlerinage à la Mecque.

C’est ensuite en Malaisie et dans les pays du Moyen Orient que se développent des banques islamiques à la suite de l’organisation en décembre 1973 de l’Organisation de la Conférence Islamique, qui crée l’Islamic Development bank, alors que la même année une initiative privée créait le Dubaï Islamic Bank.

L’accumulation de capitaux issus de la manne pétrolière dans les années 1970, le renouveau religieux dans les années 1980, et la crainte des crises financières du modèle occidental, ont fourni le développement d’un système financier islamique.

Un certain nombre de banques, dans le monde occidental, en Grande Bretagne notamment, pratiquent la finance islamique, accessoirement à une activité financière classique. On compte maintenant plusieurs centaines de banques pratiquant la finance islamique, dont une centaine environ sont exclusivement islamiques.

Actuellement, la France réfléchit à l’introduction de la finance islamique. L’Université a créé des formations adaptées, et la loi a connu certaines modifications permettant de traiter les produits islamiques sans difficultés, notamment au plan fiscal.

La finance islamique repose en effet sur cinq piliers : pas d’intérêt, pas d’incertitude, pas de secteurs illicites (armes, alcool), obligation de partage des profits et des pertes, principe d’adossement à un actif tangible.

L’économie islamique encourage l’enrichissement des individus, mais sur la base d’une répartition équitable. La propriété privée est autorisée et le profit est légitime.

Les opérations de la finance islamique sont cadrées de façon rigoureuse par le droit musulman (dit « charia ») qui prend ses sources dans le Coran, la tradition du prophète Mahomet (dite « sunna ») et la doctrine juridique.

La finance islamique tente de s’organiser en tenant compte de ces textes, en respectant la domaine des interdits et en agissant dans le domaine du permis.

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A propos de Nicolas Plantrou

Avocat, commissaire aux comptes, ancien président du CESR, membre de l'Académie des sciences et belles lettre de Rouen