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Comment le peuple français peut-il sortir de la ploutocratie européenne ?

Comment le peuple français peut-il sortir de la ploutocratie européenne ?

En quelques années, la France a perdu non seulement sa souveraineté mais également sa réalité politique (voir à ce sujet), une tendance qui se renforce avec le vote de la réforme territoriale française d’origine allemande et la ratification des traités de libre-échange réalisant le Grand Marché Transatlantique… A la disparition de l’entité politique France, dores et déjà accomplie, succèdera la disparition de l’entité géographique France, disparition définitive de l’État nation qui s’était un jour et pour un temps, long, appelé France.

Examinons maintenant les moyens d’action dont disposeraient des citoyens français qui souhaiteraient sortir du régime ploutocratique européen pour retrouver un destin collectif.

Le premier et incontournable moyen d’action est de sortir juridiquement de l’Union Européenne (article 50 du TUE), cette union contre-nature de peuples consubstantiellement différents. Sortir de l’Union c’est aussi reconnaître et accepter la variété, des hommes, des peuples et des nations, qui fait décidément le sel de la vie sur Terre.
Mais comment pourrait-on sortir de l’Union européenne dans le contexte socio-politique actuel où les institutions françaises ne sont que des tigres de papiers ayant pour rôle essentiel de dissuader l’examen des traités européennes toutes puissantes ?

Comment pourrait-on ne serait-ce qu’imaginer sortir de l’Union Européenne alors que tous les politiques en place ont justement tout fait pour nous y mener ; alors que la condition sine qua non pour devenir décideur en France est de passer par les fourches caudines du Council of Foreign Relations et de son bras armé les Young Leaders et/ou autre organisation financière ou commerciale ?

Comment faire alors que les décideurs en charge du commerce nous pressent de signer le grand marché transatlantique pour lutter à armes égales contre le grand marché transpacifique qui pourrait nous concurrencer ! Aimable inversement des valeurs si l’on veut bien considérer que le grand marché transatlantique n’a pas vocation à concurrencer son frère jumeau le grand marché transpacifique mais tout au contraire à le compléter afin d’arriver à des institutions mondiales qui réaliseront le fumeux nouvel ordre mondial qui sera d’abord et avant tout une terrible dictature planétaire. L’aveuglement n’a d’égal que la trahison chez nos décideurs politiques.

Dans ce contexte de blocage institutionnel radical, la seule solution est de revenir aux sources du régime français pour considérer qu’il repose de facto tout entier sur la notion de parti politique. Les partis sont des organisations pyramidales et hiérarchiques (consignes de vote) dans lesquelles la qualité des hommes qui les composent s’efface devant le discours officiel de l’organisation. Une organisation verticale dans laquelle la corruption du sommet se répand rapidement et inéluctablement à tout l’édifice. Il est beaucoup plus facile de corrompre une organisation verticale et pyramidale qu’une organisation horizontale. Voilà la raison profonde pour laquelle le Général De Gaulle, premier et dernier homme véritablement politique de la Vème République, détestait les partis politiques et s’en méfiait ; raison pour laquelle il avait insisté pour que le président de la République soit élu au suffrage universel direct, avec un minimum de signatures d’élus nécessaires aux postulants (il avait alors déjà échoué en 1962 à imposer l’absence d’exigence de signatures d’élus).
Une des solutions pour sortir de l’impasse institutionnelle dans laquelle les élus ont embourbé le peuple français serait donc dans un premier temps de dissoudre les partis politiques.

S’agissant de représentation populaire, il faut rappeler les innombrables lois scélérates votées par nos prétendus élus du peuple : lois constitutionnelles (toutes les réformes ayant totalement dénaturé la Vème République et imposé l’ordre commercial européen d’obédience anglo-saxonne), lois de castes (augmentation des retraites, des durées d’indemnisation en cas de non réélection etc., niches fiscales et autres subterfuges pour satisfaire des lobbies au détriment du bien commun), lois d’organisation sociale. Tous ces textes ont pour seul point commun de nuire à l’intérêt public au profit d’intérêts privés bien sentis.

Il faut en effet considérer que si le peuple « veaute » pour des prétendus élus, c’est en réalité un blanc seing total qui est donné aux heureux bénéficiaires d’un vote aveugle. D’une part, les citoyens ne se déterminent pas en fonction de la personnalité ou de la loyauté des postulants mais en fonction du discours officiel et convenu d’un parti politique. D’autre part, une fois élu, le postulant échappe à tout contrôle effectif. Aucun citoyen ou contribuable ne sait précisément quels textes votent ou (encore mieux) ne votent pas (l’absentéisme n’étant jamais sanctionné par un retrait d’indemnités) leurs élus au sein des assemblées françaises et européenne. Le vote populaire correspond en réalité à l’adoubement par un peuple ignorant du discours politique séducteur, mensonger et conventionnel de partis qui sélectionnent en amont les candidats élus sur des critères qu’il fait bon ne pas divulguer, tant ils nous ramèneraient au fameux CFR.

L’histoire est là pour nous rappeler que chaque fois qu’une institution est dépourvue de contrôle, la pente naturelle est que quelques hommes se mettent en tête de la contrôler pour acquérir un pouvoir qu’ils se chargeront d’accroître sans limite. Par ailleurs, si la notion de représentation populaire semblait s’imposer à la fin du XVIIIème siècle, cette dernière apparaît quelque peu anachronique au XXIème siècle où les progrès technologiques en termes de communication ne sont pas à démontrer. Des consultations populaires massives seraient aujourd’hui un jeu d’enfant à mettre en œuvre.
Si les citoyens veulent se projeter dans un avenir collectif, ils doivent impérativement accepter de considérer la vérité incontournable du pouvoir : à qui le confie-t-on et dans quelles conditions d’exercice… Refuser de répondre à cette question revient à assumer un très prochain esclavage collectif.

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A propos de Valérie Bugault

Valérie Bugault est docteur en droit de l’université Paris I (Panthéon-Sorbonne). Ancienne avocate fiscaliste, elle contribue au débat d'idées sur la question du droit et de la souveraineté à travers conférences et articles. Elle a par ailleurs été directrice de campagne pour l’UPR aux élections européennes de 2014.