Le Beaujolais, 12 appellations, 10 crus

Le Beaujolais ! Célèbre et méconnu ! Célèbre pour son vin primeur, le fameux nouveau ; méconnu pour sa qualité et ses crus de belle tenue, les morgons et autres moulins à vent.

Le beaujolais nouveau a fait la renommée mondiale de la région, mais avec les excès du succès, la piquette qui s’est répandue a notablement assombri la réputation d’une région viticole aujourd’hui méconnue voire méprisée.
Pourtant, s’il existe de délicieux beaujolais nouveaux, travaillés avec finesse, comme celui du château de Varennes que nous présentions l’hiver dernier, la région ne compte pas moins de 10 crus dont certains, connurent par le passé une notoriété plus importante que certains bourgognes. C’est le cas du cru moulin à vent dont les propriétés se vendaient plus chères au XIXème siècle qu’un domaine à Pommard.

Alors, pour inaugurer notre exploration des régions viticoles françaises, nous avons voulu commencer par cette zone de ce que l’on appelle la Grande Bourgogne viticole.

Le Beaujolais, ce sont deux cépages, le chardonnay (2%) pour le blanc et le gamay (98%) pour le rouge, 12 appellations dont beaujolais et beaujolais villages et 10 crus, auxquels on peut ajouter le crémant de Bourgogne, sur 14200 hectares répartis sur 96 communes et deux départements (Rhône et Saône et Loire). On trouve aussi du pinot noir, revendu en Bourgogne.

En suivant ces liens vous trouverez

Une petite visite du terroir
Un focus sur la capitale historique du Beaujolais, Beaujeu l’endormie
Un tour d’horizon en photo des 10 crus
Un petit détour sur un vin blanc rare, fait à partir de gamay, qui donc n’est pas un beaujolais, mais produit par Patrick Dufour, un viticulteur passionné et passionnant.

La densité de plantation va de 5000 à 10000 pieds par hectares. Le Beaujolais est célèbre pour sa taille en gobelet très basse, même s’il existe d’autres tailles, comme le cordon. Le pied très bas s’explique par la volonté de rapprocher le plus possible les jeunes pousses de la réverbération chaude du sol.

En 2019, le Beaujolais a produit près de 530 000 litres de vin pour 70 millions de bouteilles. Essentiellement du rouge (95%), un peu de blanc (2%) et 3% de rosé.

Pour finir sur les chiffres, ce sont plus de 2000 domaines, 9 caves coopératives et 200 négociants.
Nous allons vous présenter les 10 crus, laissant les appellations beaujolais et beaujolais village de côté, non qu’elles n’en vaillent pas la peine, bien au contraire, leur fruit et leur puissance peuvent surprendre qui regarde de haut ces appellations. Mais nous voudrions mettre en relief les perles que sont les 10 crus, notant au passage que certains climats tentent de passer en 1ers crus (mais ce n’est pas encore fait) et que Lantigné travaille à devenir le 11ème cru beaujolais.

Historiquement le beaujolais est à la pointe. Les premiers vins natures, bien avant la mode du bio et du nature ont été testés ici. Les premiers procédés de traitement contre les maladies des vignes et notamment le phylloxérât viennent de cette terre ancestrale où l’on vinifie selon la macération beaujolaise avec les rafles en mode dit carbonique.

Mais laissons là ces aspects techniques pour dire un mot rapide enfin, avant d’entrer dans le vif du sujet, sur les blancs, à base chardonnay sauf une rare exception, très réussi en gamay vinifié en blanc (voir plus haut). Ils sont plutôt secs et vraiment très différent d’une zone viticole à l’autre, d’un domaine à l’autre. Si nous déconseillons les blancs de la cave de Clochemerle (comme tous leurs vins du reste), celui de la Combe au loup est très agréable. Mais notre sélection va les yeux fermés sur le blanc, Chantemerle de Jérôme Lacondemine, avec son trait de poire parfait pour les fois gras.

Les rouges sont tous à base de Gamay, ce raisin fruité et subtile pourtant jadis chassé de Bourgogne par Philippe le Hardi désireux de promouvoir le Pinot noir. Mais en réalité, c’est un cousin de notre gamay à grain noir que le Hardi avait banni fin XIVème siècle. Mais la mauvaise presse a la vie longue et le Gamay, aujourd’hui encore pâtit de cette infamie médiévale.

Petit fruit rouge, framboise, fraise des bois, groseille, vielle prune, sont les fruits le plus présents du cépage, mais la violette, le réglisse et le poivre s’invitent assez régulièrement au gré des terroirs. Terroir d’une grande richesse (classé récemment par l’UNESCO) qui épouse à ce point le cépage, que le Beaujolais donne les meilleurs gamays du monde, comme la Bourgogne permet les plus somptueux pinots de la planète.
Et la banane alors ? certes, naturellement on peut trouver de la banane, mais la réputation surfaite était due à un ajout artificiel qui n’a pas contribué à la bonne réputation du primeur.

Beaujolais 12 appellations, 10 crus vous trouverez le descriptif des 10 crus et notre sélection de domaines

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Cyril Brun

Cyril Brun

Cyril Brun est journaliste du vin, critique gastronomique, historien, philosophe et ancien chef d'orchestre Diplômé de maitrise du vin, il est dégustateur et formateur, journaliste et critique gastronomique pour plusieurs magasines ou sites. Titulaire d'une maîtrise en histoire médiévale et d'un doctorat en histoire de l'antiquité, il a été chargé de TD sur Rome et la Grèce archaïque à l'université de Rouen, puis chargé de cours sur la Grèce archaïque et classique, la Mésopotamie et l'Egypte à l’université de Quimper. Les travaux de sa thèse portent sur l'Afrique romaine au IIIème siècle après Jésus Christ, mais il s'est ensuite spécialisé sur la Grèce classique tant pour sa religion que pour ses philosophes. Il parcourt la France pour donner des conférences sur l'anthropologie classique, les peuples mésopotamiens mais aussi la musique, rédiger un guide oenotouristique. Chef d'orchestre depuis l'âge de 16 ans, il a dirigé divers ensemble en se spécialisant dans la musique symphonique (avec une prédilection pour Beethoven) et la musique Sacrée. Il a été directeur artistique et musical de diverses structures normandes : Les jeunes chambristes, la Grande chambre, Classique pour tous en Normandie, les 24 heures de piano de Rouen, le festival Beethoven de Rouen, Le Panorama Lyrique Ces compétences en philosophie, en histoire, en musique, mais aussi en littérature l'ont amené a écrire dans diverses revues musicales ou historiques, comme critique ou comme expert. Poussé par des amis à partager ses nombreuses passions, ils ont ensemble fondé Cyrano.net, site culturel dans lequel il est auteur des rubriques musicales et historiques. Il en est le directeur de la rédaction. Il dirige le site musical CyranoMusique dont il est le propriétaire ainsi que du média culturel Rouen sur Scène. Il est directeur d'émissions culturelles (le salon des Muses) et musicales (En Coulisses), sur la chaîne normande TNVC Il est l'auteur de Le Requiem de Mozart, serein ou Damné ? Les fondements de l'anthropologie chrétienne Une nuit square Verdrel La Vérité vous rendra libre