Entre mer et ciel… il y a l’auberge de Sainte Anne d’Auray !

Si vous doutiez que la Bretagne fût entre terre et mer, Jean-Luc Larvoir vous en apporte une preuve gustative qui frise le divin dans son auberge de Sainte-Anne-d’Auray. Sous les auspices de la bonne grand-mère, toujours occupée à enseigner, un livre à la main, la Sainte Vierge, se déploie dans cette salle sobre flanquée d’une imposante cheminée, le talent le plus merveilleux que le créateur ait offert aux Français, l’art de bien vivre ! La cuisine y est ici d’un raffinement si « bonne maman » qu’on se demande si ce livre avec lequel sainte Anne semble constamment instruire Marie ne serait pas ce recueil des « recettes de famille » qu’on ne se passe que de mère en fille sur son lit de mort.
Tout n’est ici que grâce et équilibre ! Rien de trop, rien de pas assez ! Aucune ostentation inutile, juste le plaisir familial de ravir, le temps d’un dîner, les papilles les plus exigeantes. La finesse de la mer et la rudesse de la terre font de vos assiettes un moment de force autant que d’élévation. Après avoir dégusté des langoustines parfaitement cuites, vous serez surpris, lorsqu’ils reviendront à la carte, de célébrer le mariage le plus équilibré entre un pigeon et un homard. Le goût de l’un et de l’autre ne s’unissent pas seulement pour donner une troisième saveur d’une exquise originalité ! Il en est jusqu’à la consistance en bouche qui vous fait passer de l’un à l’autre sans heurt, comme le fondu naturel d’une image.

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Saint Jean-Paul II, lors de son passage à l’auberge a-t-il apprécié le merveilleux plateau de fromages de la région ? Plaisir de la bouche, mais aussi plaisir des yeux écarquillés, comme ceux d’un enfant émerveillé, devant ce « charriot » qui semble tout droit sorti de la grange d’Yvon Nicolazic, le petit voyant de sainte Anne.
Enfin, nous n’achèverons pas ce délicieux parcours des saveurs sans signaler la compétence, un rien espiègle, du jeune sommelier qui accepte de jouer avec vous et vos goûts pour prendre le risque de vous surprendre. Si vous lui laissez carte blanche, il fera des vins le fil rouge (et blanc) de votre dîner, vous donnant alors de passer entre terre et mer comme entre ciel et terre ! Si la moitié de l’Evangile se passe à table, l’auberge de Sainte Anne d’Auray, nous rappelle que du ravissement matériel à l’extase spirituelle, il n’y a parfois qu’un pas… pour peu que celui-ci rende hommage à la création !

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