Dernière minute
Accueil » L'Art de bien vivre » Gastronomie » Le logis de Brionne, du bon qui ne décolle pas.
Le logis de Brionne, du bon qui ne décolle pas.

Le logis de Brionne, du bon qui ne décolle pas.

Si vos pas vous perdent dans cette région injustement méconnue de Normandie, Cyrano a testé pour vous le logis de Brionne. Une belle adresse, cependant en demi-teinte. Le lieu dans son ensemble allie confort moderne et décoration classique.
IMG_3762

Les chambres très confortables sont accueillantes, mais pâtissent de la proximité d’une route plus passante qu’il n’y parait.

IMG_3748

Le petit déjeuner, non loin de la cheminée, en buffet sobre vous ravira tant par sa simplicité que par la qualité des produits. La gentillesse de la maîtresse de maison le matin au réveil prolonge très agréablement la nuit douillette de la campagne normande.

IMG_3766

C’est probablement la gentillesse de tout le personnel qui rachète la légère déception du dîner. Globalement, les produits sont très bien traités pour eux-mêmes et sont mariés avec une certaine originalité. Mais l’ensemble ne décolle pas et manque de souffle dans l’assiette. Les apéritifs, sans grand intérêt sont trompeurs. Le cocktail maison commet la faute destructrice de goût de mélanger un peu de Curaçao et le charriot de whisky est relativement quelconque. Les amuse-bouches qui l’accompagnent sont agréables, mais sans grand intérêt non plus. La suite est plus délicate et nous conduit à être plutôt réticent à conseiller l’adresse. L’écart entre le premier menu et le second est d’autant plus abyssal que vous n’avez guère le choix. Le menu à 39 euros, bien fade, à côté des offres affriolantes des autres menus et sans choix, a pour lui de n’avoir que trois plats. Le menu suivant, plus intéressant pour un restaurant qui s’affiche gastronomique, vous impose d’emblée quatre plats pour un prix quasiment doublé. Cette prise en otage est d’autant plus décevante que tout le personnel se dévoue pour votre plaisir et, chose suffisamment rare pour être soulignée, les couverts sont mis à la française.

IMG_3751

Vous voici donc contraints de sauter à pieds joints dans le menu dit intermédiaire ou de sauter plus haut pour six plats tutoyant la centaine d’euros. Si encore le plaisir en valait l’escarcelle, un tel saut pourrait demeurer un plaisir, certes forcé (il faut avoir faim le soir pour quatre plats), mais non, le compte n’y est pas. Les proportions sont honnêtes et finalement les quatre plats s’enchaînent parfaitement bien. Pourtant, sur un ensemble de qualité, trop de petits défauts s’acharnent plats après plats, pour un tel prix. Le velouté de potimarron, malgré son bon goût de légume est desservi par une consistance râpeuse et verte. Les rigatonis de tourteaux et truffes (abondantes) sont délicieux, malgré une cuisson trop longue. La pâte fine et discrète enrobe le tout dans un ensemble légèrement crémeux, dit écume de mascarpone, tout à fait agréable. Accompagné d’un verre de chaume, c’est un vrai bonheur.

IMG_3753

Le kinoa de homard et légumes croquants révèle une grande maîtrise de la cuisson des aliments chacun pour ce qu’il est, mais le céleri tue l’ensemble du plat. On retrouve là le travers du Curaçao. Le homard saisi dans le beurre salé est parfaitement équilibré. Faute de goût, les œufs de lumps font toc dans une telle assiette. Le terre et mer de ris de veaux et langoustines est fondant, mais la longueur en bouche est stoppée net par un déséquilibre de sel. Le plateau de fromage vous fera visiter la Normandie avec un choix de camemberts affinés au calva ou au pommeau.

IMG_3756

Finalement il faut attendre le baba revisité pour avoir un sans faute et finir en beauté. La cave, quant à elle, est intéressante et abordable, malgré un choix relativement fade en verre et demi-bouteille.

IMG_3758

Une soirée sympathique mais sans plus, que nous ne déconseillons pas, sans pour autant la conseiller non plus, mais qui en l’état manque de souffle avec pourtant un indéniable savoir-faire.

IMG_3764

Commentaires

commentaire

A propos de Ragueneau