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De la côte sauvage Au bon accueil… une halte quiberonnaise

De la côte sauvage Au bon accueil… une halte quiberonnaise

Après cette longue promenade roborative le long de la côte sauvage, mon estomac, du fin fond de mes talons fourbus, récriminait contre la famine qu’il m’accusait de lui imposer depuis un temps exagérément long à son goût peu docile au jeûne.

La corne de brume de la navette de Belle-Île déchirait le ciel gris de Quiberon quand j’entrepris donc, le visage fouetté par les embruns, de me mettre en quête de quoi apaiser les revendications syndicales de mon corps à deux doigts de se mettre grève sous je ne sais quel prétexte exagéré d’hypoglycémie.
Ayant à peine dépassé la fantomatique maison d’Harry Potter, mon regard d’aigle affamé croisa un insolite jeune homme en tenue de cuisinier, remontant de l’océan une caisse fort alléchante.

Voilà une piste bien fraîche à suivre me dis-je ! Tel le trappeur canadien je pistais donc la caisse dégoulinant d’eau de mer pour voir dans quelle officine ces fruits, fraîchement tirés de leur univers iodé, achèveraient leur vie de mollusque.

C’est donc dans un petit estaminet nommé sans supercherie « Au bon accueil  » que, malgré la grisaille bretonne, je m’attablai en terrasse pour déguster ces huîtres et amandes qui n’avaient pas fait plus de 20 mètres pour rejoindre mon milieu naturel depuis le leur où elles évoluaient, insouciantes du danger, il n’y avait pas 20 mn.

J’entrepris ainsi un tète à tête raffiné et nourrissant avec mes convives sous-marins qui eurent le bon goût de se ranger, sans état d’âme, aux arguments affûtés de mon trident de Poseidon gastronome. Il en fut ainsi également du bigorneau habituellement aussi retorse que sa coque est torturée qui se rendit d’aussi bonne grâce que son corps, pour une fois dodu à souhait, le permettait.

Un goût de noisette, fondant et naturel, se mariait à merveille à l’iode des huîtres que l’artifice d’échalotes ou de mayonnaise eut injurieusement défiguré, mais qui s’accordait fort bien de la fraîcheur d’un petit chardonnay, lequel donnait encore plus d’infini à l’horizon gris perle qui se perdait sous mes yeux, comme dans ceux d’une sirène égarée dans la profondeur de mes rêves neptuniens.

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