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Château de La Vérie, escale vendéenne, bien mais peut mieux faire

Château de La Vérie, escale vendéenne, bien mais peut mieux faire

En pénétrant les terres vendéennes, à deux siècles de distances, de chaque village, de chaque lieu-dit semble surgir un lambeau de l’histoire des Chouans et des bleus. Il serait bien impossible au voyageur égaré de se faufiler par-delà les noms de bourgades parfois insignifiantes, mais porteuse d’une renommée de hauts-faits. C’est ainsi qu’en quittant l’autoroute et les grands axes, il semble au promeneur remonter le temps à mesure que sa voiture suit les dénivelés capricieux qui s’enfoncent vers la mer de Noirmoutier ou mourût d’Elbée, dans son fauteuil d’osier. Pour faire escale que choisir ? La demeure de Charrette, la sépulture de Lescure, le château des maîtres de Stofflet, la bataille de Cholet, la troisième de Luçon ou encore celle de Challans ? De bien belles demeures, souvent reconstruites après les ravages punitifs des bleus, qui rivalisent aujourd’hui de charmes et de parfois de Luxe.

C’est au château de la Vérie, aux portes de Challans que Cyrano a fait sa première escale vendéenne.

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Mis sous séquestre, pour complot contre la république en 1791, le château du XVIème siècle a, aujourd’hui gardé tout son charme d’autrefois. Au bout d’une fort longue allée, se trouve une ravissante renaissante, dont l’arrivée nocturne est du plus bel effet féérique. Dominant un parc de 17 hectares, le château, au confort moderne discrètement fondu dans les tentures et boiseries, disposent de plusieurs chambres charmantes au prix raisonnable et hors saison pouvant rivaliser avec n’importe quelle chaîne moderne courante.

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Une chambre dite de luxe présente un raffinement supérieur dans la décoration, mais les prestations ne sont pas à la hauteur de la dénomination luxueuse qui reste relative aux autres chambres plus qu’à un standard effectivement luxueux. De ce fait, le prix est plus élevé qu’il ne devrait, sans être rédhibitoire. Vous pourrez ainsi profiter du coin salon et de la baignoire pour 150 euros. Mais n’attendez ni peignoirs, ni produits autres que très ordinaires. Si vous y venez seul, vous aurez sans doute le désagrément de constater que le lit de luxe est en fait un double simple, laissant une luxueuse béance dans laquelle vous pourrez vous enfoncer. Défaut de taille qui donne le ton d’une maison, le linge de toilette sent cette désagréable odeur de vinaigre blanc des laveries industrielles.

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C’est au restaurant qu’on trouve l’accueil le plus aimable. Le maître d’hôtel n’hésite pas à vous recomposer totalement le menu au prix le plus intéressant pour vous faire plaisir. En guise d’amuse-bouche, peut-être aurez-vous l’agrément d’un mini pâté en de foie de veau et ris de veaux, absolument délicieux et fin, fondant et d’une parfaite cuisson. Un assemblage offrant un séduisant va et vient en bouche avec une longue tenue dont un petit rien acidulé prolonge l’effet gourmand. La fine pointe de gras équilibrée permet à l’ensemble de tenir en bouche un certain temps et par-dessus tout de tournoyer autour du Pouilly Fumé, fraichement servi.

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Le temps de contempler le salon boisé et le jeune serveur, poli, mais peu dans son élément, s’approche avec le cromesquis (selon la mode du moment) d’escargots. Une idée très originale pour un plat fondant à l’intérieur mais d’une prolongation en bouche sèche. Délicieux panais. Les produits sont bien traités chacun pour ce qu’ils sont, mais les saveurs s’épousent mal et semblent comme rester chacune de leur côté.
Le bar pour sa part, trouve son originalité dans la trilogie de betteraves, plus que dans le beurre d’algue relativement léger et goûtu. Une mention spéciale pour les betteraves blanches, sucrées et craquantes. Si l’on sent au loin la betterave, on y trouve aussi quelque chose de l’évanescent du navet sans le goût ni le fil. Le poisson, lui est non seulement réduit à l’état de peu de chagrin, mais transforme l’amateur en chagrin par sa cuisson pour le moins surprenante. Trop cuit sur les bords, cru à l’intérieur fondant sur le tour, tous les effets de la décongélation que pourtant nous n’affirmerions pas car le goût ne semblait pas altéré. Le plateau de fromages, parmi lesquels le Vendéen, rattrape la déconvenue à plaisir.

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Une petite carte digestive sans prétention, mais fort agréable permettra aux amateurs de finir en chambre ou à table une soirée dont le cadre compense les désagréments indéniables.

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Le petit déjeuner achèvera de dégriser la féérie. Peu de choix, serviette en papier, produits de petite qualité, à l’exception du pain frais et délicieux.

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En quelques mots, si vous cherchez un beau cadre et beaucoup de gentillesse, le château de La Verie, vous séduira. Si vous cherchez une bonne table, vous pourrez y trouver de l’original et du …surprenant, de bons conseils pour le vin. Les prix demeurent abordables (en moyenne 40 euros) pour une soirée qui peut rester magique pour une belle occasion. Même avec les ratés et insuffisances, on peut parler d’un rapport qualité prix honnête. On ne repart pas déçu, malgré les déconvenues, mais assurément avec un petit rien pourrait effacer l’arrière-goût de « peu mieux faire »

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