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Au pays des Fouées de Gargamelle, un pantagruélique festin pour Gargantua

Au pays des Fouées de Gargamelle, un pantagruélique festin pour Gargantua

Impossible à qui traverse le mythique territoire des guerres picrocholines de ne pas être ému par le contraste entre la terre de Chinon et l’imaginaire rabelaisien. A ces grandes étendues qu’en quelques enjambées les géants parcouraient, il faut bien retirer de nombreuses lieues pour redimensionner ces collinettes qu’à peine quelques kilomètres carrés suffisent à étendre.

De La Devinière, demeure du poète, il faut un simple regard pour embraser les étendues que dominaient Gargantua et Pantagruel. Et comme d’un banquet trop copieux naquit de Gargamelle l’étrange Gargantua, il faut bien au visiteur, pour ne pas tomber entre les mains de frère Jean des entommeurs, se livrer à son tour aux agapes chères aux géants et faire connaissance avec les non moins célèbres fouées, des fouaciers de Lerné.

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C’est un peu plus haut, à l’abri des bergers de Grandgousier, que nous vous invitons à déguster ces péchés mignons gigantesques. A Rou Masson, derrière Saumur, au pied d’un magnifique château, mais au fond d’une cave troglodytique, nous vous convions à déguster ce panis focacius, un pain cuit dans un foyer (focus).

A peine arrivé, sous l’éclatante blancheur de tuffeau du château, le Pantagruel qui s’ignore encore, goûte la douce tranquillité des abords de la Loire, en se chauffant au soleil couchant du printemps renaissant. Sitôt franchie la rude porte de grange, la chaleur de l’âtre (le focus, seigneur du lieu) plonge la famille Grandgousier en herbe dans l’atmosphère intime et féérique d’une grotte constellée de bougies.
Pourtant Gargamelle, ignorante encore des délices fouaciers, n’est qu’au début de sa propre guerre picrocholine, tandis que montent dans le saint des saints la pâte brûlante exhalant ses odeurs de pains chauds et de champignons frais.

Vous pourrez alors choisir la formule de votre choix qui invariablement vous conduira du coteau du Layon au crumble de fruits de saison, en passant, à volonté, au choix entre les chipollettes, les rillettes, les mogettes apportées avec sourire et humour par une soubrette des cavernes aussi discrète que serviable.

Et là, ô miracle pantagruélique, vous enfournerez sans vous en rendre compte presqu’autant de fouées que le géant lui-même. Avec moins de trivialité que lui, à la vérité, vous ne saurez retenir ni vos mains plongeant dans le panier intarissable, ni votre gosier savourant la bouteille de Saumur comprise dans le menu et moins encore vos exclamations de délices et de contentements, si bien qu’à vous seul, vous aurez vidé la caverne, à l’abri de la pénombre, laissant votre esprit croire que si les murs dansent c’est au rythme de la fumée montante des chandeliers.

Une adresse aussi conviviale qu’insolite, digne de l’estomac d’un Cyrano autant que de la panse la plus fine qui se découvre pour un soir gargantuesque.

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