Le Quercy pour tous les goûts !

Il y a autant de raisons de vernir dans le Quercy que de s’y attarder. Mais ce qui frappe le visiteur à son arrivée, c’est une immanquable plongée dans l’Histoire. Histoire des hommes bien entendu, mais histoire des sols et des sous-sols plus encore.

Des sous-sols au vertige

Façonné, buriné par les nombreux cours d’eau dont le Lot n’est que le plus imposant, le Haut Quercy se décline en vallées, causses, grottes et gouffres, cirques et terrasses. Autant de traces grandioses d’une histoire avant l’Histoire. Si celle-ci commence avec l’apparition de l’écriture, les grottes et gouffres nous rappellent par leurs splendeurs tout autant que la nature a pris possession du sol bien avant l’Homme, que ce même Homme n’a pas attendu l’écriture pour déployer une civilisation qui n’a de primitif que nos considérations modernes, un rien prétentieuses. Parmi les plus célèbres et incontournables, bien entendu nous trouvons le gouffre de Padirac ou les grottes du Pech Merle, mais pour qui préfère les lieux moins fréquentés, il existe d’autres merveilles des profondeurs.

Mais les cours d’eau n’ont pas seulement creusé la roche calcaire, ils l’ont sculptée au grand air. Si les boucles du Lot donnent de douces étendues sertissant d’eau et de falaises les villes, comme Cahors, elles offrent un spectacle vertigineux et féérique de cirques abrupts face auxquels l’Homme ne peut que ressentir sa fragilité au regard du temps qui passe. Si un survol en aile volante livre un paysage torturé, raviné, sillonneux, une descente du Lot n’est rien moins qu’une plongée de l’infiniment petit dans l’infiniment grand.

Du sous-sol au sol, une richesse de terroir

Ce sous-sol, travaillé en profondeur, varié des bords de rivières aux sommets des causses, constitue une diversité géologique propice à divers paysages en surface. La plus imposante demeure probablement la forêt et particulièrement la forêt truffière, comme on la trouve autour de Saint-Cirq-Lapopie. Mais la vigne, depuis longtemps, s’y épanouit (voir notre article sur notre site Le vin à la bouche), cachée parmi les arbres, clairsemée sur plus de 21 000 hectares. Autour de Figeac, c’est le safran du Quercy qui a élu domicile, tandis que les agneaux peuplent les causses, notamment en remontant vers la Corrèze.

Du relief et des Hommes

C’est avec cet environnement, imposant, parfois hostile et difficilement praticable que les Hommes, depuis la préhistoire, ont dû composer. Trouvant refuge dans les grottes, nichant leurs cités dans les boucles naturellement protégées du Lot ou tenant position sur des nids d’aigles fortifiés, ils ont, à leur tour, façonné ce Quercy, croisée des chemins de l’Histoire, mais intègre dans son unité et ses traditions jusqu’à aujourd’hui.
Après les grottes, ce sont ces bastides, innombrables, ces donjons ou châteaux qui jalonnent routes et frontières d’anciennes seigneuries qui sont les plus emblématiques de cette région restée intacte encore aujourd’hui. L’incontournable détour c’est bien entendu Saint-Cirq-Lapopie, même si la saison la rend difficilement accessible. Mais du haut de cette forteresse, quel vertige de contempler le cirque sous ses pieds, après avoir gravi la route des truffières et remonté les ruelles médiévales.

Médiévale encore, la cité de Gourdon, le château de Mercuès, Castelnau- Montratier, Villeneuve-sur-Lot et bien entendu Cahors, sa cathédrale et son célèbre pont Valentré ou encore l’imposante Figeac. Une mention spéciale pour Rocamadour et sa Vierge Noire, haut lieu de pèlerinage dont les souverains gravissaient à genoux le grand escalier.

Des Hommes et des activités

Des lieux insolites d’activités méritent le détour pour les amateurs, en plus de délicieux repos gastronomiques (voir notre article)

Si vous passez par Saint-Cirq-Lapopie, ne manquez pas son musée du vin. Le musée, pour tout dire, sommaire, n’est pas l’intérêt premier de la visite. En revanche, la palette de produits régionaux d’exception et la passion de la guide, méritent une halte prolongée.

Les foies gras et canards sont nombreux partout sur le territoire et mieux vaut se renseigner sur place à l’endroit où vous êtes pour choisir le meilleur producteur. Néanmoins, en suivant ce lien, vous aurez aussi de quoi vous faire votre idée.

Les halles de Cahors sont aussi un joli conservatoire des produits régionaux, notamment les macarons de Kim à la truffe. La truffe pour laquelle nous vous conseillons de pousser un peu hors des frontières du Lot, à Sarlat pour vous rendre au marché de la truffe.

Face à Cahors l’épiscopale, Montauban la protestante mérite qu’on s’y intéresse. Outre les 400 coups (que vous pourrez retrouver en chocolats !), les galeries couvertes du centre-ville offrent un cadre des plus agréables pour dîner ou prendre un verre. Le musée Ingres (le local de l’étape), imposant, est immanquable.
Sur la route qui relie les deux cités, le Bas et le Haut Quercy, pour les amateurs, vous pourrez vous arrêter à Cassaudais, la cité du chapeau.

Notre illustration, galerie de Montauban

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Charles Montmasson

Docteur en histoire, Charles Montmasson est un médiéviste passionné, spécialiste des XIII-XVèmes siècles et de la Normandie ducale