L’abbatiale de Fécamp en images

    C’est vers 658 que saint Waninge fonde à Fécamp un monastère de moniales dirigé par l’abbesse sainte Hildemarque. Détruit par les Vikings en 841, il devient ensuite une collégiale en 990, sous Richard Ier, troisième duc de Normandie, en face du palais qui était une de ses résidences favorites. En 1001, son fils Richard II fait venir de Dijon le bienheureux Guillaume de Volpiano, d’origine italienne, pour fonder une abbaye de bénédictins. Celui-ci introduit la règle de Cluny, apporte le chant grégorien, et crée « l’école de Fécamp ». Depuis 1998, il est le patron de la paroisse de Fécamp.

    L’abbaye devient une pépinière d’artisans de la reconquête monastique de la Normandie. En 1067, Guillaume le Conquérant, devenu roi d’Angleterre, vient y fêter Pâques. L’Eglise romane est consacrée en 1106, sous le vocable de la Sainte Trinité. Incendiée en 1168, il en reste les deux chapelles Saint-Pierre et Saint-Nicolas. L’église gothique, d’une grande pureté, est achevée en 1219. La Révolution ferme l’abbaye et disperse les moines en 1791. Les bâtiments monastiques sont vendus ou détruits. L’église devient paroissiale en 1803. L’hôtel de ville s’installe dans les bâtiments qui entourent le cloître. Un important travail de restauration de l’abbatiale, classée à l’inventaire des monuments historiques français par Prosper Mérimée, est en cours de réalisation. Comme pour toute église, l’architecture de l’abbatiale de Fécamp, l’organisation de son espace et le mobilier liturgique traduisent la foi chrétienne et constituent une véritable catéchèse.

    L’architecture a une dimension « anamnétique » (faire mémoire) : le peuple de Dieu fait mémoire du mystère pascal du Christ.

    1-Le plan cruciforme de l’abbatiale signifie la mort du Christ sur la croix : la longue nef représente le corps, le transept les bras, et le chœur la tête du Christ.
    2- L’élévation de la nef et la tour lanterne allant cueillir la lumière symbolisent la Résurrection.

    L’orientation de l’abbatiale symbolise l’attente de l’avènement du Christ à la fin des temps, préfiguré par le soleil levant.
    L’organisation de l’espace souligne la rencontre du peuple des croyants et de Dieu, Trinité, une et indivisible.

    1- Le peuple de Dieu est immergé dans l’histoire des hommes : il se rassemble dans la nef dont le plan quadrilatère (4 côtés) symbolise la terre et ses quatre points cardinaux vers lesquels les croyants sont envoyés en mission.

    2- Les clercs se rassemblent dans le chœur dont la forme absidiale (3 côtés) symbolise la Trinité que le célébrant glorifie dans la liturgie qu’il préside.

    Le mobilier liturgique manifeste la charge pastorale des prêtres à l’égard du peuple de Dieu. Voilà pourquoi il doit être beau et significatif, même en dehors de tout acte liturgique :
    1- L’ambon (le pupitre d’où sont proclamées les lectures de la Bible et de l’Evangile et prononcée l’homélie) manifeste la charge d’Enseigner.
    2- L’autel (« table » où sont déposés le pain et le vin qui deviennent le corps et le sang du Christ) manifeste la charge de Sanctifier.
    3- Le siège (où le célébrant préside toute assemblée de prière) manifeste la charge de Guider le peuple de Dieu.

    Ainsi, en parcourant l’abbatiale nous pouvons découvrir le mystère de la foi qu’elle nous révèle pour soutenir notre propre prière et notre recherche spirituelle.

    bonne visite
    (cliquez sur les images pour les agrandir et obtenir la descriptions complète)

    Photographies, Yvon Legros, Fécamp

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Nicolas Leroux

Historien, professeur documentaliste de Lycée, guide et spécialiste de l'abbatiale de Fécamp