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La merveille tant attendue arrive enfin en 2017 : un festival de musique sacrée au Mont Saint Michel

La merveille tant attendue arrive enfin en 2017 : un festival de musique sacrée au Mont Saint Michel

Xavier Bally, administrateur de l’abbaye du Mont-Saint-Michel pour le Centre des monuments nationaux depuis 3 ans, est un passionné du rocher dont il arpente dans tous les sens les centaines de marches chaque jour. Avec son équipe de plus de 50 personnes, il partage la conviction que l’abbaye a plus de choses à dire que ce qu’on ne sait déjà. On vit dans la beauté s’enthousiasment-ils tous, ravis de constater que les premiers visiteurs sont des manchois, eux qui aiment ancrer ce monument dans le territoire, malgré l’enjeu touristique international. Si cette merveille du monde est un bien du Patrimoine mondial, les habitants du Mont et de sa baie en sont les premiers dépositaires, au plus grand profit des 2 millions de visiteurs annuels dont la moitié visite l’abbaye. Ce qui place le Mont entre l’Arc de Triomphe et la Sainte-Chapelle.
Si on déplore qu’il y ait moins de groupes, on se réjouit qu’il y ait plus d’individuels, donnant ainsi des chiffres stables.
Il n’est pas inutile de rappeler que le Mont c’est l’abbaye, mais aussi le village intra-muros qui n’a pas d’horaires d’ouverture ni de fermeture. Si les boulangers et autres commerces de proximité ont laissé la place récemment aux restaurants et magasins de souvenirs, le village n’en est pas pour autant musée, même si Xavier Bally aime à dire qu’il vit dans une carte postale qu’il invite à venir parcourir en soirée – et même de nuit – à l’occasion des magnifiques pleines lunes sur la mer.

Cette saison 2017, la troisième de l’administrateur, est particulièrement riche en événements tant culturels qu’en terme de restauration. Si le lieu est très connu, il reste des centaines d’angles secrets à faire découvrir. Une richesse en même temps qu’un défi pour renouveler l’intérêt que l’on porte au Mont.
Fort de cela, la programmation culturelle s’articule autour de plusieurs axes. Donner à redécouvrir ce monument dans toute son épaisseur est le premier d’entre eux. Une attention toute particulière est portée au public le plus important que constituent les familles. Toutes les visites familles sont toujours complètes. A quoi s’ajoutent des opérations spécifiques auprès des enfants, dont une première à suivre : contes et histoire. Un service éducatif avec les écoles mobilise 4 enseignants dédiés. Et ce n’est pas peu quand on sait qu’en mars 2016, 11000 scolaires se sont rendus sur le Mont, pour beaucoup en provenance du voisinage immédiat de l’abbaye.
La programmation distingue deux choses : les visites ordinaires et le parcours culturel éducatif, à côté desquels s’ajoutent depuis 3 ans des visites conférences thématiques, un métier que l’équipe du Mont souhaite mettre en valeur. Encore une nouveauté, sans quitter ce registre, les conférences scientifiques qui permettent d’inviter, tous les seconds vendredis du mois, un spécialiste d’un sujet concernant le Mont et de faire avancer la recherche et la connaissance du rocher.

Autre grand moment magique, le rendez-vous avec les grandes marées qui offre l’occasion d’étendre l’amplitude d’ouverture par une fermeture à 22.30.

Avec le souci d’avoir des spectacles adaptés à l’abbaye, une vraie saison artistique se met en place, comprenant une série de concerts en mai juin, interrompus l’été par l’itinéraire nocturne.
Vous retrouverez sur le site de l’abbaye toute la programmation, qui n’oublie pas l’orgue de l’abbaye, et qui demande parfois une logistique de forçats pour monter là-haut, par exemple la harpe de Xavier de Maistre.
Plus spectaculaire, l’exposition de sculptures monumentales de bronze d’une femme du second XXème, Germaine Richier, qui exposera cet été 7 œuvres de taille humaine qui devront être hélitreuillées, comme l’Ouragane ou encore la Montagne. Un ensemble sculpté réuni à l’abbaye dans la salle des hôtes, dans le cadre des 40 ans du centre Pompidou.

Enfin, pour les amateurs, dernière année de la scénographie L’habitant secret de l’abbaye qui s’inspire du faucon pèlerin du Mont qu’on entend sans toujours le voir et qui niche bel et bien caché tout là-haut.

EN SAVOIR PLUS SUR LE SITE DE L’ABBAYE

Mais le scoop et la grande nouvelle tant attendue depuis des décennies : 2017 inaugure un nouveau Festival de musique sacrée du Mont et de la baie avec une programmation en cours de réalisation, au Mont et dans les églises avoisinantes. Du 21 au 24 septembre, ce festival est confié à René Martin, fondateur des Folles journées de Nantes. Ce dernier prévoit déjà le 24 septembre l’apothéose d’une journée de concerts au Mont Saint Michel. Mais il faudra attendre le 18 mai pour connaître, lors de la conférence de presse, le programme de ce festival.

Enfin, 2017 voit le chantier de rénovation du cloître rejoindre le programme de restauration ambitieux et exceptionnel du Mont et fait suite à la dépose de l’Ange sur la flèche et à la restitution du caractère maritime du Mont. En tout, ce sont près de 20 millions d’euros consacrés au Mont Saint Michel depuis 2007.

La priorité va à l’étanchéité du jardin qui indispose la toiture de la salle des chevaliers juste en-dessous. Sont concernées aussi les toitures des galeries du cloître qui restera ouvert, sauf lors de ces moments épiques et dangereux où l’hélicoptère viendra déposer ses matériaux.
La dalle étanche date de 1965 et restera. En revanche la dépose des dalles de granit du XIXème siècle offre déjà un retour au sol, 20 cm plus bas, du XVIIème. Ce qui permet aussi un nouveau système de drainage qui ne peut plus se suffire des gargouilles très efficaces pour l’évacuation des eaux de ce jardin en herbe, attesté dès le XVème et qui se nourrit de pas moins de 65 m3 de terre

Le programme de restauration prévoit aussi la conservation des colonnettes du cloître et la stabilité du programme sculpté des écoinçons en pierre de Caen, au milieu de la pierre de Chauzey et du calcaire coquillé anglais. La charpente lambrissée dont l’histoire s’écrit en plomb, en bois, en ardoises ou en tuiles, nécessite du fait du caractère maritime de l’environnement un nouvel entretien, même si elle reste en bon état.
Ces chantiers sont financés par l’Etat, mais aussi des mécènes, comme Saint James ou le Crédit Agricole de Normandie, mais aussi, et au Mont on y tient, par le particulier qui peut participer avec « ma pierre à l’édifice », ou la borne à carte sans contact. Le patrimoine est un véritable enthousiasme pour les Français qui ressentent une fierté joyeuse à préserver son patrimoine dont le Mont Saint Michel est bien l’une des petites merveilles.

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