Florence : un grand souffle venu d’Italie

Né en Italie, le mouvement de la Renaissance va bouleverser toute l’Europe. Pourquoi s’est-il amorcé dans la péninsule, comment s’est-il diffusé et sous quelles formes a-t-il évolué ?

C’est un âge d’or qui a ramené à la lumière les arts libéraux auparavant presque détruits : grammaire, éloquence, peinture, architecture, sculpture et musique. Et le tout à Florence. Comme Marsile Ficin, un des plus influents philosophes italiens du XVe siècle, les historiens contemporains s’accordent à penser que la révolution culturelle qui changea le visage de l’Europe a bien pris racine en Italie, dès le XIVe siècle. Pourquoi ici plutôt qu’ailleurs ?

Florence

Ancienne ville de l’Empire romain germanique, Florence s’émancipe la première de la tutelle impériale et instaure une république de marchands. La libertas – liberté de se gouverner soi-même – nourrit la réflexion des élites intellectuelles, qui s’abreuvent au modèle de la pensée classique et élaborent des théories sur la politique, l’éducation, la beauté. Les arts fleurissent. Au XIVe siècle, avant le repli démographique causé par l’épidémie de la Peste noire (1347-1352), Florence est la ville la plus riche, la plus peuplée et déjà la plus belle d’Occident. Sous Cosme de Médicis, à partir de 1434, sa politique culturelle s’intensifie encore.

Florence sera le premier foyer de la Renaissance, Rome celui de la «  deuxième » Renaissance, Milan un relais de diffusion, Venise un catalyseur.

Au XVIe  siècle, l’Italie devient une inépuisable source d’inspiration … et la première destination touristique d’Europe. Il faut alors vingt jours de voyage pour relier Rome à Paris, quatre jours de Rome à Florence.

Pas encore un pays, mais déjà une idée, l’Italie, en opérant sa Renaissance, a imposé son style à tout l’Occident.

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Nicolas Leroux

Historien, professeur documentaliste de Lycée, guide et spécialiste de l'abbatiale de Fécamp