La nuit aux Invalides : quand la technologie fait parler les pierres

« Le jour est aux hommes, mais la nuit est aux souvenirs et aux mystères. »

Imaginez l’ombre d’un monument majestueux se découpant dans la pénombre de la nuit. La solennité des lieux impose le respect. Durant un mois ces façades silencieuses le jour livrent la nuit leurs secrets.

C’est un véritable bond dans le passé, c’est l’histoire de cet ancien hôpital militaire qui ressurgit grâce à un magnifique et monumental son et lumière qui redonne vie aux Invalides. Mêlant anecdotes et grands faits, c’est la petite et la Grande Histoire qui sont dévoilées aux yeux du spectateur. Une histoire servie par une technologie de pointe : 17 projecteurs éclairent plus de 4000m2 de façades.

Mais si la prouesse technique permet de retransmettre admirablement l’histoire de ce haut lieu, la qualité du spectacle repose aussi sur son texte : un verbe soigné, percutant et profond, dicté par des voix réputées : celles des acteurs André Dussollier, Jean Piat et Cécile Duhamel.

Ce spectacle, créé par un passionné d’histoire, Bruno Seillier, connait un succès mérité depuis sa création, il y a trois ans. Un véritable pari à l’origine, qui a nécessité quatre ans de montage. Cette troisième édition met à l’honneur la première guerre mondiale, en ouvrant le spectacle par l’évocation de Lazare Ponticelli, le dernier poilu, qui eut droit à des funérailles nationales à l’endroit même où se tient le spectacle, il y a six ans de cela.

Ce sont donc 45 minutes hors du temps présent, durant lesquelles le monument devient tour à tour un piano géant, des jardins à la française ou encore un champ de bataille de la « drôle de guerre ». Les techniques de projection 3D donnent des effets visuels bluffants. Cette technique nouvelle, la « Moénianémie » répond à la volonté de faire « parler » les murs et les pierres, de leur donner la parole.

C’est un véritable hymne  patriotique, un hymne aux Invalides et à l’histoire française, qui s’achève avec une citation d’André Malraux qui définit en elle-même le but du spectacle : « Puissions-nous faire que tous les enfants de France comprennent un jour que ces pierres encore vivantes leur appartiennent à la condition de les aimer. »

NB : pour les adeptes et férus d’histoire, un autre spectacle de Bruno Seillier sera donné à Saumur, du 4 juillet au 24 août, les vendredi, samedi et dimanche : Saumur, les écuyers du temps.

 

 

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Anne-Laure Debaecker

Anne-Laure Debaecker

Diplômée en management des organisations culturelles à l'Université de Paris-Dauphine, Anne-Laure Debaecker est journaliste. Elle collabore en particulier au Figaro et à Cyrano.