La transhumance du Wadi Rum au pianoscope de Beauvais

crédit photo Christophe Mazet

Pour sa dixième édition, le pianoscope de Beauvais s’est offert un séjour au désert de Wadi Rum. Alors que la fraicheur humide enveloppait la nuit claire dans laquelle s’était drapée la maladrerie Saint Lazare, une soudaine, mais confortable sensation de chaleur envahit le public du durable théâtre provisoire du Beauvaisis.

2012-04-25 (26)

Dans la pénombre un rien poussiéreuse de la salle dans laquelle chacun tentait de s’engoncer comme il pouvait, trois jeunes gens font une entrée sobre et timide. Si le piano est le centre de toutes les attentions de la vieille cité des bellovaques, il n’en est pas moins décliné sous toutes sortes de formations. Le trio que composaient ce soir Jéremy Bruyère à la contrebasse et Nicolas Charlier à la batterie, autour de Thomas Enhco réussit toutes les prouesses. Sans voler la vedette au maître à queue, le corps vibrant des profondeurs à cordes et les baguettes agiles et percutantes des caisses se taillèrent malgré tout une belle place au soleil du mythique désert de Wadi Rum.

Nous pourrions vous raconter en détail l’agréable soirée que nous offrit le trio, nous pourrions rapporter l’enthousiasme, parfois envahissant d’un public de connaisseurs et de professionnels, nous pourrions vous transmettre ce moment d’émotion surprise avec la participation d’Henri Demarquette, dans un rock endiablé auquel peu de violoncelles se sont prêtés. Mais un seul morceau, composé par le jeune Thomas, suffit à porter le talent des interprètes, l’émotion du compositeur, la sensibilité du peintre qui sait donner vie et relief aux traits les plus saillants d’un désert traversé de tant d’histoire et plein de cette vie si discrète qui se tisse dans les sables chauds, parfois hostiles, mais toujours surprenants.

Avec une étonnante puissance évocatrice, Wadi Rum tisse pour nous, dans un maillage subtil, ce tapis des sables d’Orient. Une civilisation entière qui plane au-dessus du désert, comme pour l’abreuver, des souffles chauds qui nous traversent tels des vents de sables chatoyants, un peu de rugosité de ces marches essoufflantes qui nous laissent seuls face à nous-même, tels sont les envoûtantes évocations musicales qui nimbèrent d’un parfum d’orient notre mystérieuse traversée du désert.

Tunisie déc 2007 (125)

Plus qu’à une recension de ce concert dont tant d’autres diront merveille, nous voudrions vous inviter à prendre la caravane conduite par Thomas Enhco pour vous laisser conduire au hasard des accords et des dissonances du Wadi Rum.

Commentaires

commentaire