Les Journées du Patrimoine, une promenade vivante dans l’Histoire

Que dire des Journées du Patrimoine, chers lecteurs, que vous ne sachiez déjà, tant cet évènement, lancé en grandes pompes en 1984 par Jack Lang, alors ministre de la Culture, a été adopté par les Français comme  un hymne à l’Histoire.

C’est une véritable promenade au cœur de nos vieilles pierres, pendant laquelle, le temps de quelques heures, curieux et badauds, au détour d’une rue, au carrefour des chemins,  découvriront un peu du grand mystère qui entoure notre patrimoine. Le temps d’une heureuse parenthèse, les pierres chanteront leur histoire…

Ici point de grande exposition portées par un marketing si commercial qu’il en oublie presque toute idée de Beau et de poésie, cherchant plutôt à achalander le Parisien en lui offrant le vernis culturel  dont il aura besoin pour briller dans les salons de la Rive gauche.

C’est bien là le grand paradoxe de ces Journées, pur produit de la culture bobo, festive, racoleuse, superficielle, si peu aristocratiques mais qui apparaissent en réalité et de plus en plus à mes yeux étonnés comme le feu rassurant d’une France sereine et qui ne s’éteint pas. Drôles de journée qui défileront pour beaucoup comme une authentique fête, au sens de la joie tranquille, une sorte de Fête de la Musique – ou de Nuit blanche – à l’envers. Ici point « d’arts vivants », mais une vivante culture, le Beau qui rayonne de joie…

Hôtels particuliers enjardinés , moulins à vent hissant les voiles, passages secrets, fontaines oubliées, sémaphores s’élevant aux embruns, phares de basse mer et clochers de haute volée, abbayes normandes et maisons à meneaux, manoirs souriants à la Loire qui les borde, petites chapelles de grands pardons, austères et républicains ministères, si tristes dans leur royal écrin, fascinants palais aux airs de fêtes et de pleurs, châteaux hérissés, bordés de douves ou de fleurs, bibliothèques aux mille et uns volumes écornés, folies princières en légers pavillons, musées poussiéreux sentant la naphtaline, temples de Diane dans de grandes forêts, pesants dolmens, qui sont rendez-vous de chasse et d’amour, quand les blés sont fauchés, bassins d’Apollon et de grâce, kiosques émoussés, vous aurez, bien chers lecteurs, tout l’embarras du choix….

Quinze mille seuils mystérieux ouvrant leurs portes, la liste est longue …. Que visiter, qui visiter ? Eh bien, cher lecteur, allez selon votre cœur !

Certes, je ne saurais que trop vous conseiller d’admirer les beautés de notre cher pays, mais dans ce merveilleux étalage, s’il vous plaît, admirez-les différemment. Ici, ne consommez pas un bien qui hier vous était interdit et que demain vous ne reverrez plus, ne cochez pas une nouvelle case d’une exploration équivoque et captatrice, mais savourez le plaisir tranquille que vous offrira la qualité d’être reçu, ça et là, comme le noble visiteur que vous serez alors,  par un ermite ou un ministre, un luthier qui montrera son art séculaire, un paroissien qui partagera avec cœur son amour pour les tours de sa cathédrale, un amiral à son bureau de travail, un gentilhomme qui avec émotion vous contera les siècles de sa maison passés. A vos hôtes d’un jour qui se sont donnés tant de peine, de grâce, rendez-leur le sourire qu’ils vous sauront vous donner.

Encouragez-les, aidez nos vieilles pierres à vivre, et à chanter ! Et qui sait, pourquoi pas, revenez conquis, soyez conquis par notre Histoire, pour redécouvrir que la France, notre France, cette vieille dame qu’on nous dit un peu démodée, n’est pas sortie d’un rêve, que ses pierres usées et polies par le temps, sans cesse renouvelées, l’ont façonnée unique et qu’elles respirent encore. La France, c’est cela, notre avenir, notre passé, notre vivante culture, notre joie, notre espérance !

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Grégoire Renaud

Grégoire Renaud

Ingénieur de formation, Grégoire Renaud s'est investi ces dernières années dans le monde associatif. Président et fondateur du site Cyrano.net, il est passionné par les voyages, la littérature, l'histoire et la poésie.