L’acide nitrique du vieux chouan

Amateur d’art incontesté, homme d’affaire talentueux malgré des hauts et des bas, celui que Renoir appelait le vieux chouan pour ses convictions monarchistes n’en est pas moins l’homme du succès impressionniste.

Il était temps ! Le musée du Luxembourg rend hommage à un vieux concurrent qui a eu en son temps plus de flair que lui ! C’est en effet à Paul Durand-Ruel que la maison de la grosse banquière florentine rend hommage. Amateur d’art incontesté, homme d’affaire talentueux malgré des hauts et des bas, celui que Renoir appelait le vieux chouan pour ses convictions monarchistes n’en est pas moins l’homme du succès impressionniste ! Celui qui, non content d’exposer dans ses galeries en Europe et aux Etats Unis, ouvrit son propre appartement rue de Rome (jusqu’à 370 œuvres) à un public de plus en plus nombreux, fut la cheville ouvrière de la découverte, puis de la reconnaissance de ceux qu’il appelait des artistes très originaux !

Suivre ce bon bourgeois, à la découverte d’œuvres nouvelles c’est retracer toute l’histoire de l’impressionnisme depuis ses débuts, modestes et contestés, jusqu’à l’apothéose du succès commercial

Suivre ce bon bourgeois, bon père de famille (comme il se doit) à la découverte d’œuvres nouvelles, d’artistes « fous », c’est retracer toute l’histoire de l’impressionnisme depuis ses débuts, modestes et contestés, jusqu’à l’apothéose du succès commercial. Quel peintre n’est pas passé par lui ? Monet, Renoir ou Pissaro l’anarchiste ? Curieusement, c’est alors que l’impressionnisme sort du bois, devient recherché, que Renoir en 1886 déclare être allé au bout de celui-ci ! Quel dommage qu’après cette date la luminosité de ses couleurs, l’impression joyeuse et mystérieuse de ses scènes les plus vivantes se soit arrêtées net pour revenir à des œuvres plus « classiques », mais non moins talentueuses !

Mais Paul Durand-Ruel ne fut pas qu’un promoteur de l’impressionnisme. Ses galeries, comme son appartement, faisaient la part belle au romantisme de ce qu’il appelait la « belle école », celle de Rousseau, Delacroix ou ce merveilleux Bayre pourtant moins connu !

Voilà ce que retrace l’exposition du palais du Luxembourg en guise d’hommage (et de mea culpa de n’avoir pas su se montrer aussi audacieux à l’époque ?) au génie du vieux chouan. Des œuvres réalistes, des merveilles impressionnistes, quelques sculptures et une admirable collection de gravure à l’eau forte !

Des œuvres réalistes, des merveilles impressionnistes, quelques sculptures et une admirable collection de gravure à l’eau forte !

L’eau forte, comme Paul Durand-Ruel quelque part, fait partie de l’histoire et des nombreux tournants de la sculpture. Très ancienne, ayant déjà de belles lettres au Moyen-Age, l’eau forte est à l’origine le nom de l’acide nitrique. C’est avec cet acide d’abord, puis d’autres ensuite, que les graveurs, à l’aide d’un mordant, taillaient (et taillent encore) une plaque de métal. Cette taille douce, taille indirecte (à la différence du burin) a accompagné toute l’histoire de la sculpture, à commencer par son entrée officielle dans l’académie royale des peintures et des sculptures en 1648. Un de ses grands adeptes, Rembrandt, lui donnera une forte avancée. Mais au XIXème siècle, au temps de Paul Durand-Ruel, on la retrouve sous la main de Degas, Matisse, Pissaro ou encore Renouard.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Eau-forte


La technique de l’eau-forte montrée par Jacques… par titia-houplain

Certes, le cœur de l’exposition reste les merveilleuses toiles impressionnistes, mais l’occasion est rêvée d’admirer cet art original et divinement fin.

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