Nous pouvons tous être libres, mais le voulons-nous vraiment ?

Il est évident que la liberté est soumise à rude épreuve depuis quelques temps et pas seulement depuis les mesures sanitaires. Mais là encore je ne veux pas me livrer à l’historique des entraves faites à la liberté par les deux derniers mandats présidentiels, pour ne me référer qu’à eux.

Être libre et la liberté sont deux choses distinctes. La liberté est une capacité, être libre est la réalité concrète de ce potentiel. L’expression elle-même « être libre » mériterait des pages et des pages de développement. Être, c’est tout à la fois exister comme réalité concrète et unique, mais aussi la réalisation constante et permanente, celle que certaines langues traduisent par « être en train de ».

Je suis, c’est une réalité, mais cette réalité évolue dans le temps tout en étant toujours moi. Si je peux être libre, c’est que par nature j’ai cette capacité. La nature humaine comprend en elle de façon native et par définition la capacité à être libre. Avoir la capacité d’être libre, ne signifie nullement être libre. Encore faut-il mettre en œuvre, activer cette capacité. En réalité nous ne naissons pas libres, nous naissons avec la capacité d’être libres. Ce qui signifie que pour être libre, il faut activer notre capacité à la liberté.
Or qu’est-ce que la liberté ? Avant tout une capacité, un potentiel. Comme tout potentiel, il faut s’en servir pour le développer. Sans quoi il reste à l’état passif, dormant, inutile, comme si nous ne l’avions pas. Ainsi donc, nous sommes en permanence potentiellement libres, mais nous ne sommes réellement libres que lorsque nous usons de notre capacité. Or cette capacité de liberté est le croisement de deux autres capacités, deux facultés fondamentales qui sont deux facultés qui distinguent l’Homme de l’animal. En définitive, notre capacité à être libres nous vient de notre faculté de vouloir et de notre faculté de raisonner. La volonté, par nature est orientée au bien, ou du moins à ce que l’intelligence présente à la volonté comme étant bien, même si c’est un bien qui prend la forme du moindre mal, comme dans le cas de la bourse ou la vie.

Ainsi, la liberté est une capacité à choisir le bien. Il y a donc deux obstacles à notre liberté. Une volonté défaillante ou une intelligence erronée qui présente un mal comme un bien. C’est tout l’objet de la manipulation par exemple. En définitive, la liberté est notre capacité à choisir et donc à discerner le bien. Est libre celui qui sans entrave (à commencer en lui-même) peut choisir le bien. Est donc libre celui qui est capable de discerner le bien pour pouvoir le choisir.
On peut perdre sa liberté quand l’intelligence est erronée et quand la volonté choisit pour bien ce qui ne l’est pas. Être libre n’est donc pas une disposition acquise, mais une réalité qui est ou non mise en œuvre à chaque décision. Ainsi nous pouvons être libres sous certains aspects et ne pas l’être sous d’autres. Ceci pour notre liberté personnelle, dépendant de nous-même.
Mais nous pouvons être privés de liberté par des lois rendant impossible notre capacité à choisir le bien, voire de choisir tout court, comme par des procédés de manipulation qui nous empêchent d’avoir accès à la vérité.
La liberté, capacité à choisir le bien est donc intrinsèque à la dignité humaine, puisque cette capacité est dans la nature humaine et l’ouvre au choix, à l’amour et donc au bonheur. Cette capacité ne peut être diminuée, sauf cas de dépendance mentale et dans certains cas de dépendances physiques. La capacité, pour l’immense majorité des êtres humains demeure intact et de fait inaliénable. Mais son activation, ce qui fait qu’on est effectivement libre, peut être entravée, diminuée, spoliée de diverses manières. Les lois liberticides, les mensonges et propagandes diverses, les jeux multiples sur les peurs, les pulsions, les dépendances addictives, mais aussi par nous-mêmes qui pouvons préférer le confort à la liberté, la facilité de ne pas chercher la vérité, à la liberté.
Evidemment, les lois liberticides vont jouer sur nos propres failles en matière de liberté, à commencer par les peurs et les paresses intellectuelles.
Nous pouvons tous être libres, mais le voulons-nous vraiment ?

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Cyril Brun

Cyril Brun

Cyril Brun est chef d'orchestre et historien. Titulaire d'une maîtrise en histoire médiévale et d'un doctorat en histoire de l'antiquité, il a été chargé de TD sur Rome et la Grèce archaïque à l'université de Rouen, puis chargé de cours sur la Grèce archaïque et classique, la Mésopotamie et l'Egypte à l’université de Quimper. Les travaux de sa thèse portent sur l'Afrique romaine au IIIème siècle après Jésus Christ, mais il s'est ensuite spécialisé sur la Grèce classique tant pour sa religion que pour ses philosophes. Il parcourt la France pour donner des conférences sur l'anthropologie classique, les peuples mésopotamiens mais aussi la musique. Chef d'orchestre depuis l'âge de 16 ans, il a dirigé divers ensemble en se spécialisant dans la musique symphonique (avec une prédilection pour Beethoven) et la musique Sacrée. Il est actuellement directeur artistique et musical de diverses structures normandes : Les jeunes chambristes, la Grande chambre, Classique pour tous en Normandie, les 24 heures de piano de Rouen, le festival Beethoven de Rouen, Le Panorama Lyrique Ces compétences en philosophie, en histoire, en musique, mais aussi en littérature l'ont amené a écrire dans diverses revues musicales ou historiques, comme critique ou comme expert. Poussé par des amis à partager ses nombreuses passions, ils ont ensemble fondé Cyrano.net, site culturel dans lequel il est auteur des rubriques musicales et historiques. Il dirige le site musical CyranoMusique dont il est le propriétaire ainsi que du média culturel Rouen sur Scène. Il est directeur d'émissions culturelles (le salon des Muses) et musicales (En Coulisses), sur la chaîne normande TNVC Il est l'auteur de Le Requiem de Mozart, serein ou Damné ? Les fondements de l'anthropologie chrétienne Une nuit square Verdrel La Vérité vous rendra libre