La souffrance un mal pour un bien ?

Face à la souffrance nous nous indignons « ce n’est pas humain », comme si la souffrance était contraire à l’humanité même. C’est une erreur qui nous conduit à bien plus souffrir encore. La souffrance est le corollaire du désir. Il faut tenir désir, jouissance, souffrance. Le désir nous fait tendre vers un bien ou un état de bien-être. Saisir, posséder l’objet du désir s’appelle jouissance et procure du plaisir ou de la joie. A l’inverse la privation de l’objet du désir entraîne une souffrance due à un manque. La souffrance correspond au manque que nous ressentons. La souffrance physique est un manque de bonne santé, la souffrance morale un manque existentiel (amoureux, estime de soi, reconnaissance, présence…) Sans la capacité de souffrir, nous n’aurions aucune capacité de désirer, c’est-à-dire d’ouverture au monde, car nous souffrons parce que nous n’avons pas en nous ce qui nous faut et cela nous met en mouvement pour le trouver « ailleurs ». Aussi la souffrance est-elle un indicateur puissant et nécessaire pour le bonheur : elle révèle où se situe le mal, c’est-à-dire le manque. Le désir est ce qui nous met en mouvement, ce qui nous fait aller vers l’autre. Aussi la souffrance est-elle un bien en tant que voyant d’alerte. Mais cette capacité n’est pas masochisme. Elle appelle la résolution du manque. Mais l’homme n’étant pas fait pour souffrir, il lui arrive de fuir la souffrance non en cherchant à résoudre le manque, mais en le compensant par des succédanés qui sans résoudre la souffrance ne font qu’apaiser un peu et un temps la sensation de manque.

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Cyril Brun

Cyril Brun

Cyril Brun est chef d'orchestre et historien. Titulaire d'une maîtrise en histoire médiévale et d'un doctorat en histoire de l'antiquité, il a été chargé de TD sur Rome et la Grèce archaïque à l'université de Rouen, puis chargé de cours sur la Grèce archaïque et classique, la Mésopotamie et l'Egypte à l’université de Quimper. Les travaux de sa thèse portent sur l'Afrique romaine au IIIème siècle après Jésus Christ, mais il s'est ensuite spécialisé sur la Grèce classique tant pour sa religion que pour ses philosophes. Il parcourt la France pour donner des conférences sur l'anthropologie classique, les peuples mésopotamiens mais aussi la musique. Chef d'orchestre depuis l'âge de 16 ans, il a dirigé divers ensemble en se spécialisant dans la musique symphonique (avec une prédilection pour Beethoven) et la musique Sacrée. Il est actuellement directeur artistique et musical de diverses structures normandes : Les jeunes chambristes, la Grande chambre, Classique pour tous en Normandie, les 24 heures de piano de Rouen, le festival Beethoven de Rouen, Le Panorama Lyrique Ces compétences en philosophie, en histoire, en musique, mais aussi en littérature l'ont amené a écrire dans diverses revues musicales ou historiques, comme critique ou comme expert. Poussé par des amis à partager ses nombreuses passions, ils ont ensemble fondé Cyrano.net, site culturel dans lequel il est auteur des rubriques musicales et historiques. Il dirige le site musical CyranoMusique dont il est le propriétaire ainsi que du média culturel Rouen sur Scène. Il est directeur d'émissions culturelles (le salon des Muses) et musicales (En Coulisses), sur la chaîne normande TNVC Il est l'auteur de Le Requiem de Mozart, serein ou Damné ? Les fondements de l'anthropologie chrétienne Une nuit square Verdrel La Vérité vous rendra libre