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Les langues anciennes, une éducation qui dérange le politiquement correct
FRANCE, Paris : People hold a banner saying Yes to the Latin for all during a demonstration in Paris on October 10, 2015, in Paris against the middle school reform. Thousands participated in the march from Port-Royal to the Ministry of Education against the reform, which is meant to strengthen interdisciplinarity, personalized support and institutional autonomy. - CITIZENSIDE/SAœD ANAS

Les langues anciennes, une éducation qui dérange le politiquement correct

Après avoir évoqué quelques souvenirs d’élève ou de professeur, rappelé les efforts de devanciers pour mettre à la portée des jeunes les événements marquants de l’histoire romaine ou les traits principaux de l’homme antique (au moins dans son expression latine), après avoir exhumé quelques pièces du dossier du procès en immoralité fait aux auteurs anciens (procès clos par un non-lieu), le professeur Gain en vient avec courage aux contestations contemporaines et afin d’essayer de tracer une ligne d’action.

Retrouvez ici l’intégralité de l’intervention du professeur Gain, contenue dans nos trois derniers articles.

Les vrais humanistes souffrent des attaques ouvertes ou sournoises lancées contre les auteurs grecs et latins. A vrai dire, ces critiques, parfois ces assauts, ne datent pas de ces toutes dernières années. Les plus âgés parmi nous savent bien qu’il s’agit de décennies.

Monotonie des attaques ? Oui et non. Une chose change, c’est le point de vue des détracteurs : d’Alembert, dans l’article « Collège » de l’Encyclopédie (1753) affirme qu’un « jeune homme, après avoir passé au collège dix années qu’on doit mettre au nombre des plus précieuses de sa vie, en sort, lorsqu’il a le mieux employé son temps, avec la connaissance très imparfaite d’une langue morte, avec des préceptes de rhétorique et des principes de philosophie qu’il doit tâcher d’oublier ». Ce que d’Alembert attaque, c’est la pédagogie habituelle dans les collèges et le contenu de l’enseignement qui y était dispensé, malgré les efforts de certains, nous l’avons vu, pour le rendre plus attractif et proposer le meilleur des anciens auteurs.
Les griefs actuels sont autrement plus insidieux que les reproches que lançait l’abbé Gaume au XIXe siècle aux éducateurs fondant leur enseignement sur les auteurs païens. Je rappelle très brièvement les principaux de ces griefs.
– L’élitisme qui s’attacherait aux langues anciennes, dont l’étude serait choisie pour leurs enfants par la « bourgeoisie », en fonction des traditions familiales. Le latin et le grec se perpétueraient ainsi dans les classes aisées, et demeureraient peu accessibles aux enfants issus des milieux modestes surtout du point de vue culturel. Le 29 juin 1922, le député de Nancy, Louis Marin (1871-1960) fait à la Chambre un long discours pour repousser le projet de Léon Bérard (1876-1960) d’extension des horaires du latin et du grec, et pour leur substituer « un enseignement secondaire fondé sur la langue maternelle et la culture nationale à l’exclusion des langues mortes, les classiques s’orientant toujours « par des éliminations aristocratiques vers l’intelligence, vers les idées abstraites. »
– Un second grief, économique celui-là, serait le coût que représenterait pour l’État le maintien, a fortiori le développement, de l’enseignement des langues anciennes en collège et en lycée.
– Un troisième grief est également peu argumenté, il est encore plus flou, mais plus diffus dans les médias : les langues anciennes, sont des langues du passé, donc c’est dépassé. On emploie peut-être moins le qualificatif de « mortes », parce que les thuriféraires de la modernité pressentent sans doute que ces langues « ne veulent pas mourir », pour prendre la « Une » retentissante du Républicain Lorrain dans les années 90, suite à une action des collègues de Lorraine galvanisés par Monique Bile.
De ces reproches, diffusés par toutes sortes de canaux et, on peut le dire, à tous les niveaux de responsabilités, les enseignants de langues anciennes et les associations qui les regroupent ont non seulement montré le peu de solidité ou de pertinence de nos jours, et ils leur ont opposé maintes fois un argumentaire en faveur du latin et du grec, souvent – pas toujours, hélas – avec le soutien de leurs collègues historiens, philosophes, et même linguistes.
– Les principaux de ces arguments sont bien connus:

1. Les langues anciennes constituent un outil privilégié pour permettre aux élèves d’acquérir ou de consolider les bases de l’orthographe française et même de la grammaire.

2. Le latin et le grec sont un excellent instrument pour apprendre à raisonner, en particulier dans l’apprentissage de la construction des phrases, et à acquérir de l’esprit critique.

3. Les deux langues, en permettant, même modestement, l’accès aux littératures grecque et latine, facilitent ou enrichissent la connaissance de la littérature française qui y a trouvé beaucoup d’inspiration – et pas seulement, bien sûr, à la Renaissance ou au siècle de Louis XIV. Peut-être cette approche a-t-elle été parfois moins mise en lumière que les précédentes et c’est, je crois, le mérite notamment de Jacqueline de Romilly et de la « Sauvegarde des enseignements littéraires » d’avoir insisté sur le caractère indissociable de la défense du grec, du latin et du français.

4. Un 4e argument, de nature culturelle, est, me semble-t-il, moins souvent présenté. Une certaine connaissance (je ne veux pas dire un savoir d’un historien spécialiste de l’Empire romain ou du Péloponnèse) de la géopolitique antique peut vraiment aider à comprendre l’actualité. Un exemple ? Dans les années 90, durant la guerre de Bosnie, j’avais remarqué certaines approximations dans les médias ou même chez des responsables. La présence du christianisme orthodoxe dans les Balkans était au fond un peu mystérieuse, faute pour les journalistes d’être informés des lointaines conséquences de la ligne de partage linguistique entre grec et latin – ligne qui s’est pratiquement stabilisée au 1er siècle de notre ère, comme l’a rappelé Henri Marrou .

5. Enfin plus récemment (vers l’an 2000 ?) plusieurs collègues ont cherché à renouveler la promotion des langues anciennes. Je signalerai deux approches, sans avoir approfondi mon enquête et je sollicite votre indulgence.
L’une est de nature linguistique. Après avoir été longtemps langue de communication, jusqu’au début du XXe siècle, le latin resterait une langue de culture – l’anglais s’étant imposé comme langue de communication. Il s’agirait au fond, si j’ai bien compris, d’illus-trer le rôle du latin, ce à quoi s’emploie également l’Association Le Latin dans les Littératures Européennes fondée en 2008.
La seconde vise – et le propos est bien louable – à piquer la curiosité des contemporains, dont beaucoup sont friands de modernité. Il s’agirait de mettre en lumière les aspects de la civilisation ou de la pensée antique qui annoncent les temps modernes, de « dépoussiérer » les études classiques, de retrouver chez les Anciens les racines de faits ou d’institutions actuels, de déceler des préoccupations d’aujourd’hui. C’est ainsi qu’un forum, qui avait fait un peu de bruit, avait été organisé au Mans par le journal Le Monde en octobre 1990: « Les Grecs, les Romains et nous. L’Antiquité est-elle moderne ? » Et on soulignera à l’envi par exemple, les fondements de la démocratie dans les institutions de l’Athènes classique ou, au contraire, un certain travestissement du mode électoral dans la Rome républicaine (le vote comptabilisé par tribu ou classe alors que celles-ci comptaient un nombre fort inégal de citoyens).

Je ne peux, bien sûr, qu’être sensible à ces efforts récents de promotion des langues anciennes, mais permettez-moi d’en relever brièvement les dangers. L’approche linguistique, pour ce que j’en connais, me paraît bien abstraite et surtout ne convaincra que ceux qui ont déjà un bagage suffisant en latin ou en grec. Or, il s’agit pour tous les humanistes (dans l’acception traditionnelle du terme) de persuader des responsables, des « décideurs » dont beaucoup en sont dépourvus. J’y reviendrai. Quant à déceler la modernité de l’Antiquité, je crains que cette démarche n’aboutisse au fond qu’à sélectionner les textes latins et grecs en fonction de leur résonance réelle ou supposée pour les contemporains. Ainsi il s’agirait de montrer en quoi Périclès ou Cicéron sont nos contemporains. Réflexion stimulante sans doute, mais est-ce la meilleure voie pour s’ouvrir à leur culture, si différente de la nôtre ? L’exercice, si l’on peut s’exprimer ainsi, ne serait-il pas plus profitable, si l’on choisissait de rester ouvert aux différences constatées (ou à découvrir) entre la conception qu’ils avaient du monde et des relations humaines et la nôtre ? Il me semble qu’à une époque où l’on vante tellement le pluralisme culturel, il serait fructueux d’étudier avec bienveillance une culture différente du milieu dans lequel nous immergent continuellement les médias de toute nature et la société de consommation.

Je me pose la question en constatant combien des représentations tronquées ou simplifiées sont données, par exemple, des analyses d’Aristote en matière politique. Je voudrais donc attirer l’attention sur la formation réelle de nos responsables. Jusque dans les années 80, la plupart de ceux-ci avaient reçu une formation en latin (rarement en grec), ou du moins une initiation. A présent, sont de plus en plus nombreux les « décideurs » qui n’ont pas même un vernis – lequel n’est pas compensé par des connaissances en histoire ancienne. Il serait souhaitable que les responsables d’associations d’enseignants en langues anciennes s’enquièrent de la place des langues anciennes et de la civilisation antique (histoire, philosophie, droit, etc.) à l’E.N.A., dans les grandes écoles (notamment de commerce) et dans les nombreux Instituts d’Études politiques (I.E.P.). Je n’ai pu avoir d’informations fiables que pour l’ESSEC : au concours d’entrée, les langues anciennes ne sont offertes qu’aux candidats issus des khâgnes, c’est-à-dire à une infime minorité. L’histoire des faits économiques et sociaux n’est enseignée qu’en classe préparatoire. Une fois admis, l’élève de l’ESSEC n’a pas de cours d’histoire du tout ; la réflexion sur les concepts politiques en général ou sur les sociétés de l’Antiquité est totalement absente. Bref, comme le dit mon correspondant : « On ne lit pas Fustel de Coulanges ! » Et naturellement, ces lacunes, ces déficiences ont des répercussions sur les informations indigentes fournies par les médias, sauf quelques émissions à encourager chaleureusement.

Soyons clair : j’estime que l’argumentation classique en faveur des langues anciennes n’est malheureusement presque plus perceptible, compréhensible, par ceux qui appartiennent à la classe politique, qui, s’ils s’en donnaient la peine, pourraient inverser la tendance aux restrictions de tous ordres qui affectent les langues anciennes, du collège à l’université. Je sais que lors des audiences au Ministère, nos collègues rencontrent encore certains interlocuteurs qui, par exemple, sont passés par la khâgne, mais c’est devenu bien rare. La direction des affaires est parfois confiée à des gens qui n’ont pas une connaissance du terrain. Un exemple ? Selon une source bien informée comme on dit, l’Administrateur général de la Bibliothèque Nationale (il y a quelques années) reconnaissait sans aucune gêne n’être jamais entré dans cet établissement avant d’y avoir été nommé ! Comment espérer, dans ces conditions, que soient prises en considération les doléances ou même les suggestions des lecteurs familiers du Cabinet des manuscrits ?

Devant un tel faisceau de restrictions, d’abandons, on est en droit de chercher une explication plus profonde de cette réduction des langues anciennes à la portion congrue… et encore. Depuis quelque temps, j’en suis arrivé à la conviction que les langues anciennes dérangent. Pourquoi sont-elles accueillies comme un chien dans le jeu de quilles du politiquement correct ? Parce que bien des textes grecs et latins sont porteurs de valeurs opposées aux conformismes de notre société libérale, de consommation, faussement tolérante, qui esquive les débats authentiques.

Des exemples de ces valeurs « politiquement incorrectes » transmises par les Anciens ? Le précepte de Socrate : « Sache que tu ne sais rien », pour le moins invitation à la modestie, est incompréhensible aux professionnels de l’information qui croient tout savoir ou veulent imposer leur propre savoir. Dans les cercles des Veilleurs, ces derniers mois, on a rappelé l’appel d’Antigone aux lois non écrites, supérieures aux législations positives (Sophocle, Antigone, 454) : cet appel n’est-il pas une menace pour tous les Créon actuels ? Dans la course frénétique au ‘profit’, les recommandations de Cicéron relatives aux transactions céréalières ou immobilières ne nous poussent-t-elles pas à dénoncer les vices cachés de certains produits ou des spéculations éhontées ? Et ce ne sont pas seulement les exhortations ou les convictions des Anciens qui sont dangereuses, mais les faits qu’ils rapportent sont parfois bien corrosifs. L’esclave d’Urbinus Panapio donnant sa vie pour son maître, quel scandale, surtout dans une perspective marxiste !

Il faut sans doute chercher à ce rejet des langues anciennes, tantôt diffus, tantôt ponctuel, une cause plus profonde encore : elles seraient un élément, parmi bien d’autres (en particulier la langue française), de nature sinon à empêcher, du moins à freiner ou à retarder le projet gouvernemental (pour le moins amorcé sous la précédente majorité), projet multiforme d’intégration ou plutôt (ce terme ayant été jugé normatif et unilatéral) d’inclusion des identités multiples des résidents sur le sol national, souvent de nouveaux arrivants. C’est la ligne directrice du rapport remis l’an dernier à Jean-Marc Ayrault par le conseiller d’Etat Thierry Tuot. Les conclusions du rapport ne feront pas prochainement l’objet d’un séminaire gouvernemental, mais elles sont révélatrices de la doxa qui s’instaure au sommet de l’État. Selon ce rapport, accueillir un arrivant en France ne signifiera plus offrir ce qu’on a, mais, comme l’explique Alain Finkielkraut, « s’effacer soi-même, se nier soi-même, se dénigrer soi-même pour laisser l’autre être ce qu’il est. » Autrement dit, selon les promoteurs de cette nouvelle conception de l’identité nationale, il faut faire disparaître ce qui peut constituer des racines. Nous savions déjà, depuis les débats de 2005 sur la constitution européenne, que les autorités françaises avaient rejeté dans le préambule de celle-ci la mention de racines judéo-chrétiennes. A présent, c’est un projet beaucoup plus vaste qui se dessine. Les langues anciennes, au même titre que la littérature française « classique », la mémoire des grands événements de notre histoire, sont autant de facteurs d’enracinement. Voilà le mot tabou : ces éléments du passé étant jugés, par les politiques, inassimilables par les nouveaux arrivants ou cause d’exclusion pour ces derniers, et notamment pour les jeunes, doivent être estompés, mis comme sous le boisseau. Plus question de patrimoine, plus question d’héritage de l’Antiquité ! Pour être plus précis : haro sur la synthèse suggestive : The Legacy of Rome, recueil d’Essays dus à une douzaine de scholars sous la direction de Cyril Bailey d’Oxford.

Naturellement, sur le sujet comme pour d’autres, vous ne trouverez pas naturellement noir sur blanc un projet d’extinction des langues anciennes, lesquelles ne sont pas désignées, mais englobées dans des mesures très larges. Elles sont habiles, sournoises. Les protagonistes s’avancent masqués. Les langues anciennes, dans ce contexte, accumulent les handicaps.

Que faire, me direz-vous ? Convaincu du trésor que constituent les langues anciennes, je suis bien conscient que la réaction nécessaire relève de la mission impossible, celle de David devant Goliath ; je veux dire que les obstacles sont de taille. En voici un aperçu :
1. Jacqueline de Romilly répétait que nos adversaires sont à l’intérieur, ceux qui sont parfois capables sinon de « trahison », du moins de démission, qui préfèrent leur plan de carrière, ou ceux qui restent spectateurs, alors que leur notoriété, leur gloire – comme diraient les Anciens – devrait servir la cause.
2. Les latinistes et hellénistes, à la différence peut-être de collègues d’autres disciplines, ont souvent négligé les ouvrages destinés à un large public, ceux qu’on qualifie souvent, un peu dédaigneusement, de vulgarisation. Pierre Grimal avait réagi, avec le talent qu’on connaît, contre cette indifférence. « Si ce n’est pas nous qui rédigeons ces ouvrages, disait-il en substance, d’autres s’en chargeront, et ils le feront moins bien ». Ces livres permettraient de susciter l’intérêt d’un lectorat plus large et plus diversifié.
3. Le recours paresseux à Internet : nous avons tous fait l’expérience des bienfaits de Google et de Wikipédia, mais aussi de leurs limites. Devant l’étendue des services qu’on peut en retirer, à quoi bon, se disent certains, faire tant d’efforts, investir tant de temps dans l’apprentissage austère du latin ou du grec ? Il faut réagir contre un éloge indiscret d’Internet et se souvenir du Mythe de Thot dans le Phèdre, où Platon souligne la passivité engendrée par le recours à l’écrit. Si Internet multiplie les informations aisément accessibles au premier venu (et il faut s’en réjouir), il ne confère pas la culture, en tout cas, pas du tout au même rythme.
4. Malgré les efforts de tel ou tel antiquisant, parfois couronnés de succès, il est malaisé de faire connaître au grand public l’utilité de l’enseignement des langues anciennes. Songeons qu’un universitaire connu, pendant toute sa carrière, aura eu moins d’auditeurs qu’un présentateur du journal télévisé en un seul soir. Vous me direz que la qualité d’attention est sûrement différente. Assurément. Mais peut-on rêver qu’un jour, un seul, – et pourquoi pas plusieurs ? – le « J. T. » serve de tribune à la promotion du latin et du grec ?

En terminant sur ce qui semble bien une utopie, je ne puis que nous exhorter tous à tenir bon, à résister. Soyons d’abord exigeants dans le choix des textes donnés à traduire ou à commenter. Faisons le maximum pour lutter à la fois contre cette espèce de vaste mensonge diffus et contre le mur du silence qu’édifient les puissants et les médias quand ils ne sont pas sûrs de leurs arguments. Essayons, chacun où nous sommes, de provoquer des débats, de véritables débats, pas la juxtaposition de deux monologues, suivi de la conclusion traditionnelle à la manière de David Pujadas au journal télévisé : « Chacun se fera son opinion ! » Non ! Efforçons-nous, chers amis, de mettre en pratique ce que nous aurons retenu des préceptes de la rhétorique des Anciens.

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A propos de Benoît Gain

Benoît Gain
Agrégé de lettres classiques, Benoît Gain est professeur émérite de l’Université Stendhal-Grenoble III depuis septembre 2008. Vice-président de l’Association Internationale d’Études Patristiques, il est un spécialiste reconnu des études chrétiennes antiques. il a notamment publié "L’Église de Cappadoce au IVème siècle d’après la correspondance de S. Basile" (Rome, 1985), puis s’est intéressé, pour sa thèse, aux "Traductions latines de Pères grecs" (Berne, 1994).