Le rose et le vert, un Stendhal oublié

Non ce n’est pas une fantaisie de journaliste ou une version revisitée du Rouge et le noir, mais bel et bien une œuvre de l’écrivain grenoblois, commencée en 1837 et resté inachevée.

Stendhal a terminé le pesant Rouge et le noir, il s’apprête à écrire, un an plus tard, La Chartreuse de Parme quand il se lance très librement dans un tout autre style. Rose comme la couleur du jambon de Parme ? Vert comme l’élixir des moines ? On a avancé l’idée bien que le roman se situe en Allemagne et à Paris.

Le ton peut surprendre qui ne connait de Pierre Beyle que l’austère Julien Sorel ou le dramatique Fabrice del Dongo. Primesautier, on croirait, aux premières lignes, entrer dans l’univers voltairien de Thunder-ten-tronckh . Mais nous ne sommes pas loin des récits de Voyages en Italie.

Pour autant, l’histoire a un thème des plus sérieux et très actuel pour l’époque, comme pour aujourd’hui. Sarcastique sur la défaite allemande et le patriotisme prussien, fier, un rien moqueur, de la diplomatie réinventée par Talleyrand, l’humour traverse le roman comme une quête, celle de la jeune Mina de Vanghel, riche héritière qui redoute de n’être épousée que pour son argent. Contrepied des mariages arrangées, elle décide de tenter l’aventure parisienne… incognito afin de conquérir les cœurs pour elle-même plutôt que pour sa bourse.
Mais Paris reste Paris et les amants, s’ils ne traquent pas les dotes, chassent d’autres charmes que ceux du cœur. Traçant son chemin en milieu hostile, fuyant les prétendants aux intentions non droites, Mina mène sa quête au risque de l’idéal poursuivant une chimère.

Romain de La Tour

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