Les structures de l’Empire perse – Première partie

Nous poursuivons notre découverte de l’empire perse grâce aux recherches de Pierre Le Lay.

Pour lire la première partie sur l’essor de l’empire perse.

I. Les structures de L’Empire Perse

A. Les satrapies de l’Empire Perse, une mosaïque culturelle unifiée

Tout d’abord, il convient de définir le terme de satrapie : « La satrapie est une division administrative de l’empire perse qui est soumise à des devoirs envers celui-ci, elle est géré par un satrape qui est un « protecteur du pouvoir » et le représentant direct du roi dans la province ou il exerce les prérogatives royales »

Les satrapies sous l’ère de Cyrus II et de son fils sont déjà existantes, elles ont des devoirs comme la donation de tributs et de troupes à l’armée royale, mais elles seront réformés par Darius Ier

Le satrape, étant nommé par le roi se doit de le représenter et exercer l’autorité royale, faire régner l’ordre, étendre l’influence Perse dans la province et prélever les impôts.
Il possède sa propre cour et son propre palais de fonction « apadana », mais également sa propre trésorerie et garnison.

Comme dis précédemment, le système de satrapie à été la première des réformes de Darius Ier au cours de son règne. En -518, il établira vingts gouvernements qui trouveront leur place au sein de l’Empire Perse et qui devront verser des taxes régulières.
La réforme des tributs marque le couronnement de la reprise en main et de la réorganisation financière de l’empire.

Dix-neufs de ces satrapies étaient taxés selon un certain montant évalué en argent pesé grâce au nouveau système unitaire sexagésimal instauré par Darius Ier qui est un système de mesure et de poids issu des Babyloniens réformé par Darius Ier. Le total annuel, estimé à environ 250 tonnes d’argent plus les 360 talents de poussière d’or venant de la vingtième satrapie venait compléter en plus des dons et des richesses de guerre les trésors royaux, ces richesses innombrables permettront aux rois Achéménides de poursuivre une politique ambitieuse dans tous les domaines et le financement des armés et des campagnes militaires.

Avant d’être une réalité territoriale, la satrapie est une réalité ethnique, c’est à dire que l’Empire Perse n’est pas, comme on pourrait le croire, un bloc territorial uniforme mais plutôt une mosaïque ethnique et culturelle.
Ceci est attesté dans les inscriptions royales de Darius Ier et de Xerxès qui dressèrent une longue liste de peuples de l’empire perse qui montrent l’immensité et la variation ethnique et linguistique de l’empire qui peuvent être perçus comme des documents relatant tout le pouvoir et la richesse culturelle de l’empire perse.

B. La refondation dynastique de Darius Ier

Depuis la défaite des Mèdes en -550, Ectabane était la capitale officielle de l’empire perse
Juste après son avènement, Darius Ier fera de la ville de Suse et Persépolis ses nouvelles capitales et lieux de résidences.

Il fera construire des palais qui reposent sur des terrasses gigantesques surélevées accessible grâce à des escaliers monumentaux de plus d’une centaines de marches.
La salle d’audience des palais étaient des salles gigantesques qui pouvaient contenir des milliers de personnes et se nommaient les « apadana ».

Une charte de la fondation d’un palais de Darius à Suse témoigne que pour sa construction, des matériaux très rares et pierres précieuses venant des recoins les plus éloignés de l’empire perse ont étés acheminés vers la cité.
Les différentes sculptures et statues qui embellissaient le lieu montrait ainsi le talent des meilleurs ouvriers au service du roi.

Le choix de Darius Ier de faire de Suse et Persépolis ses nouvelles capitales et d’y construire d’immenses palais était motivé par une volonté politique de marquer la réorganisation dynastique et d’exalter le « nouveau » pouvoir Achéménide, c’est à dire qu’il voulais se démarquer de la lignée des Achéménides dont il ne fais pas officiellement parti et de démontrer sa puissance politique, en effet, Darius se flatte d’avoir construit une forteresse la ou personne n’en avais construit, et sa puissance économique notamment grâce au gigantisme des palais et aux matières précieuses utilisés.

A Persépolis, le palais fut construit plus en hauteur par rapport au palais construit sous Cambyse II, on peut y voir ici une volonté d’impressionner et de se rendre « supérieur » par rapport à la dynastie Achéménide, mais ceci n’est qu’une supposition.
Cependant, les travaux d’aménagement ne furent pas abandonnés dans l’ancienne capitale de
Cyrus II, car dans un contexte de légitimité royale, il était indispensable de ne pas « couper le fil » avec la dynastie Achéménide.

palais darius suze

Croquis d’une reconstitution du palais royal de Darius Ier à Suse

C. Les « Routes royales » et le commerce

La majorité des auteurs grecs ont voués une fascination par l’immensité de l’espace impérial et ont rapportés des éléments sur le système de communication et le réseau routier au sein de l’empire perse.
Les routes furent aménagées par les rois Perses sur les bases d’itinéraires de caravanes, ces voies reliaient les principales cités et capitales de tout l’Empire, comme par exemple la grande « route royale » qui reliait Sardes à Suse sur 2400 kilomètres.
Elles étaient surveillées par des garnisons de soldats et étaient entretenues par des ouvriers spécialisés, les auteurs grecs rapporteront que ces routes étaient « carrossables » c’est à dire que des chars pouvaient rouler dessus sans problème, elles disposaient également de stations et de gîtes pour dormir et se reposer.

Ce système routier aura une fonction stratégique et politique, en effet, elles permettaient la mobilisation et le déploiement rapide des armées et troupes venant des quatre coins de l’Empire, mais également la transmission rapide de messages et ordres royaux par les messagers qui disposaient de chevaux en forme dans les points relais. Pour continuer dans la thématique de la communication, ces routes avaient des systèmes de feu allumés de montagnes en montagnes pour transmettre des ordres ou messages simples.

Bien qu’aucune sources ne nous soit parvenu sur le sujet, on suppose que ce réseau routier à certainement servi pour le commerce et le transport de marchandises, à titre indirect d’indice, on trouve dans « l’Anabase » de Xénophon des mentions de villes « grandes, habitées et riches » entre les côtes Méditerranéennes et Babylone, ce qui nous laisse entendre qu’il y à bien eu des échanges commerciaux au sein de l’Empire Perse, de plus, on notera l’activité de marchands babyloniens en Syrie à l’époque de Darius, cette information est attestée dans des écritures cunéiformes de l’époque.

En revanche, il ne fait aucun doute que l’utilisation des voies maritimes pour le commerce à bien eu lieu, en effet, avec la prise de Babylone par Cyrus II, les comptoirs commerciaux et cités côtières comme Tyr ou Sidon, sous contrôle Néo-Babylonienne tombèrent aux mains des Perses, plus tard, avec l’intégration de la Phénicie, de Chypre et de l’Égypte dans l’empire laisse supposer très fortement que les Perses utilisèrent les cités portuaires de la façade méditerranéenne pour le commerce et leur propre profit.
De plus, les ports situés dans le golfe persique, dans l’actuel canal de Suez qui fut creusé sous Darius Ier entre -550 et -486 et qui est toujours utilisé de nos jours, jouèrent un rôle important dans le commerce maritime de l’époque.

carte perse

Cette carte représente l’ensemble des satrapies à la période de l’extension maximale de l’Empire Achéménide et la réforme de Darius Ier, les satrapies sont représentées par les noms de peuples surlignés en noir.
Les trais en marron clair sont les routes aménagés de l’Empire, on peut distinguer la « route royale » reliant Sardes à Suse

A suivre les structures du pouvoir royal et l’ordre social

Commentaires

commentaire