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Galiot de Genouillac, le vainqueur de Marignan

Galiot de Genouillac, le vainqueur de Marignan

Galiot de Genouillac, le vainqueur de Marignan

« Le sénéchal d’Armagnac, avec son artillerie ose bien dire qu’il a esté cause en partie du gain de la bataille, car jamais homme ne s’en servit mieux. »
C’est en ces termes que François 1er rend compte à sa mère de la victoire de Marignan, le soir même. Nous sommes, à cette date, encore loin de la geste glorieuse que le roi et sa mère mettront en place après le désastre de Pavie pour glorifier le roi en difficulté. C’est donc sans fard que le jeune roi rend hommage à l’un des principaux artisans de la célèbre bataille de 1515.

Mais qui est donc cet illustre inconnu que l’Histoire a fait l’injure d’oublier ?

Jacques Galiot de Genouillac, sénéchal d’Armagnac, fut un des proches de François 1er. Artisan de la victoire de Marignan, il fut aussi un des négociateurs de la libération du Roi aux côté des reines et de l’illustre Montmorency. Organisateur du camp du drap d’or avec Henri VIII d’Angleterre, c’est encore le grand maître d’œuvre de l’entrée solennelle dans Paris de Charles Quint et François 1er.

L’homme de tous les grands moments du règne est né en 1485 au château d’Assier dans le Quercy. Son oncle, Jacques, maître de l’artillerie du roi Louis XI, lui permit d’être élevé à la cour. Jacques, dit Galiot, sans doute en écho au chevalier Galehaut, ami du légendaire Lancelot du lac, transmit au jeune Jacques ce surnom. Devenu écuyer du roi Charles VIII puis du dauphin Charles Orland, Galiot de Genouillac recueillit de son oncle en 1493 la charge de viguier de Figeac. Nommé sénéchal d’Armagnac, il est un des proches du jeune roi qu’il accompagnera à sa dernière demeure à Saint-Denis.

Louis XII le maintient dans ses charges et l’emmène avec lui à Milan puis à Naples. Il part alors sous les ordres de Philippe de Clèves affronter les Turcs à Mytilène. Il est également des campagnes d’Agnadel (1509) et Ravenne (1512). C’est là que Louis XII le nomme capitaine général de l’artillerie. Cette charge incluait le parc d’artillerie, son emploi, la formation des artilleurs, la constitution du train, les approvisionnements etc…
Aussi, lorsque François 1er entreprend la conquête de Milan, Galiot de Genouillac est-il chargé de faire passer les Alpes à ses canons. Un passage épique, héroïque, maintes fois raconté dans les épopées.
Une fois sur place, l’ingéniosité du capitaine, son esprit d’initiative et sa maîtrise du maniement de l’artillerie furent décisifs. Il sut placer et déplacer avec aisance et rapidité ses canons en appui des forces françaises.

A l’issue, François 1er lui remit le collier de l’ordre de Saint-Michel et le nomma sénéchal du Quercy.
Il ne put manœuvrer de même à Pavie où l’inconscience du roi interdit tout usage des canons en se plaçant entre eux et les ennemis qui dès lors écrasèrent l’armée française et capturèrent le roi.
A la libération du souverain, Genouillac fut nommé Grand écuyer de France. D’origine modeste, Galiot se hissa au plus près du pouvoir, parmi les intimes du souverain. Sans descendance masculine, son nom s’éteint à sa mort en 1546. De cette étoile filante qui ne chercha jamais à briller plus qu’il ne fallut, il ne reste que des ruines du château d’Assier démembré par ses héritiers, les Uzès. Décrit comme peu cultivé, il n’en fut pas moins très au courant des arts, comme en témoignent les aménagements de sa demeure.

assier

Encore sous éblouie par la geste idéalisée du roi moderne, l’Histoire n’a pas, cette fois encore, rendu l’hommage dû au vainqueur oublié.

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A propos de Charles Montmasson

Docteur en histoire, Charles Montmasson est un médiéviste passionné, spécialiste des XIII-XVèmes siècles et de la Normandie ducale