Comment la Grèce a-t-elle pu en arriver là ?

Comment la Grèce a-t-elle pu en arriver là ?

Comme l’explique l’excellent blog A lupus,  le principe central d’organisation de la société grecque a toujours été le clientélisme politique, un système dans lequel le soutien politique est fourni en échange d’avantages matériels. Dans ce contexte, le rôle de l’Etat en tant que principal fournisseur de prestations à divers groupes et individus devient primordial.

Le blog A lupus cite notamment l’historien grec socialiste Kostas Vergopoulos, qui affirme que

« la structure fondamentale de la Grèce n’a jamais été de la société civile, mais l’État. Depuis le milieu du 19ème siècle rien ne pouvait être fait en Grèce, sans nécessairement passer par la machine de l’Etat ».

La guerre civile grecque (1946-1949) est une insurrection communiste. Elle est même le premier exemple d’une insurrection communiste après la Seconde Guerre mondiale. Succédèrent de nombreuses crises (notamment la dictature des colonels) pour aboutir à la Troisième République hellénique, en vigueur encore aujourd’hui.

Derrière toute cela, il faut bien comprendre qu’en Grèce, le groupe social qui prit la tête du pays après la libération du joug ottoman, et qui a plus ou moins perduré jusqu’alors, était constitué de notables locaux dont le pouvoir ne résidait pas dans leur propriété sur la terre, mais dans le fait qu’ils avaient été des collecteurs d’impôts pour leurs dirigeants ottomans.

Le contrôle de l’appareil d’État est devenu le principal mécanisme pour la distribution des récompenses et des avantages matériels. Le plus important de ces avantages a été la mise à disposition d’emplois dans la fonction publique.

Le Français Arthur de Gobinau l’avait observé à l’époque :

« En Grèce, toute une société semble fonctionner sur la devise que dans la mesure où seul l’État a de l’argent, il faut profiter de ce fait et travailler en tant que fonctionnaire. »

La Grèce est aujourd’hui victime de sa structure d’organisation communiste et étatique de la société ; elle est objectivement, aujourd’hui, dans la triste situation des dictatures africaines néo-marxistes : peu de personnes travaillent, un seul salaire de fonctionnaire ou une seule retraite permettent de faire vivre des générations entières. Personne ne produit de la richesse, sauf l’État, qui exploite son peuple. Système sclérosé, qui va nécessairement droit dans le mur. Le fait que le peuple Grec ait voté pour le communiste Aléxis Tsípras* constitue le pire des scénarios, pour la Grèce, comme pour l’Europe.

Si cette attitude désinvolte dans la gestion d’un pays, l’attachement au dieu-État et à ses subsides gagnent du terrain en Europe (comme en Espagne, chez Podemos), ce sera l’effondrement des nations comme du projet européen.  Comme si l’abîme appelait l’abîme.

On se souvient de ce que Zeus, se transformant en magnifique taureau, séduisit jadis Europe, la fille du roi de Tyr et l’engrossa des monstres Minos et Rhadamanthe dont elle accoucha en l’île grecque de Crête, rappelle Bernard Antony sur son blog. Jupiter, qui, dit-on, est invoqué par le premier ministre Aléxis Tsípras, va-t-il une fois de plus engrosser l’Europe d’un monstre que l’on croyait oublié : le communisme ?

 

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Le dénommé Aléxis Tsípras (Αλέξης Τσίπρας), homme politique d’extrême-gauche radicale, communiste et aujourd’hui premier ministre du pays n’est pas un enfant de choeur. C’est le moins que l’on puisse dire. Rompant totalement avec les coutumes et la tradition orthodoxe de la Grèce, il refuse de prêter serment sur la Bible lors de son investiture. Aléxis Tsípras est tout simplement  le premier chef de gouvernement dans l’histoire de la Grèce à refuser de jurer sur la Bible et devant un pope.

 

 

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Vivien Hoch

Vivien Hoch

Chercheur en philosophie et spécialiste du thomisme, Vivien Hoch collabore à de nombreux media collaboratifs sur internet, dont Atlantico, Nouvelles de France et Boulevard Voltaire.